Le RSC Anderlecht est de nouveau plongé dans une crise particulièrement profonde. Les résultats des dernières semaines sont tout simplement catastrophiques et, entre-temps, un entraîneur après l’autre ainsi que des directeurs sportifs quittent le club. Progressivement, le propriétaire principal, Marc Coucke, se retrouve de nouveau dans la ligne de mire.
A l’automne 2017, l’homme d’affaires, alors encore grand patron du KV Ostende, a lancé une bombe dans le football belge en décidant de reprendre le recordman du championnat, Anderlecht, à la dynastie Vanden Stock. Le processus de vente fut assez houleux, mais à l’été 2018, il pouvait officiellement prendre les rênes de Paars-Wit. Cela ne s’est toutefois pas avéré être un grand succès.
Coucke s’est d’abord occupé lui-même du fonctionnement quotidien, mais a pris plusieurs mauvaises décisions. Cela a conduit à un turnover énorme dans tous les secteurs du club. Entre-temps, les résultats sportifs se sont révélés très décevants et les difficultés financières se sont accumulées. Il a alors choisi de se mettre un peu en retrait et de travailler plus en coulisses.
Investissements foireux
L’homme d’affaires a toutefois continué à assumer ses responsabilités et a injecté beaucoup d’argent dans le club au fil des années. Mais ces investissements ont presque totalement échoué sur le plan sportif. Une danse effrénée de managers, d’entraîneurs et de responsables sportifs s’en est suivie, toujours sans le succès escompté. Après le départ de Wouter Vandenhaute et la nomination de Michael Verschueren comme président et Kenneth Bornauw comme CEO, Coucke pensait enfin avoir trouvé la bonne formule.
Quelques mois à peine après cette intervention, le club atteint pourtant un nouveau point bas. Après le limogeage de l’entraîneur principal Besnik Hasi, l’adjoint et figure du club Lucas Biglia ainsi que l’intérimaire Edward Still ont également quitté le navire. À cela s’ajoute le licenciement du directeur sportif Olivier Renard. Le navire semble donc non seulement en train de couler, mais aussi sans capitaine, alors que le RSCA traverse une période cruciale, en lutte pour une place en play-offs de Champions et pour une finale de Coupe.
Même si Coucke n’est plus directement impliqué dans le quotidien, le regard se tourne désormais vers lui pour expliquer cette débâcle. « Au niveau du conseil d’administration et des entraîneurs, je n’ai jamais vu ça de toute ma vie. C’est vraiment un bazar », explique le journaliste Yves Taildeman, qui suit le club depuis plus de 30 ans, sur Sporza. « Depuis qu’il a repris le club, la situation a toujours été instable au point qu’on peut à peine parler de top club. »
Catastrophique
L’analyste wallon Marc Délire ne mâche pas ses mots : « Depuis que Coucke est à Anderlecht, c’est catastrophique », affirme-t-il Dans le Vestiaire.
Le chroniqueur Hans Vandeweghe souligne le manque de stabilité. « Depuis l’arrivée de Marc Coucke à Anderlecht, il y a presque dix ans, il n’y a jamais eu de calme dans le club », indique-t-il dans De Morgen. « Cela s’explique par deux facteurs : d’une part, le marché du football a changé : les clubs doivent constamment chercher des joueurs, tandis que d’autres partent. D’autre part, la volatilité sous Coucke : de nombreuses mauvaises décisions ont été prises, ce qui a détruit l’élément le plus important pour un club : la stabilité. Et celle-ci a totalement disparu à Anderlecht. »
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