"L’objectif était d’escroquer Coucke !" L'ancien directeur général d'Anderlecht Herman Van Holsbeeck a lâché le morceau au cours d’un interrogatoire en 2019, où il a ainsi confirmé ce que l'homme d'affaires milliardaire avait toujours affirmé.
À savoir qu'il avait été arnaqué lorsqu'il avait racheté le Sporting d'Anderlecht et découvert "des cadavres dans le placard".
Mais de quoi s'agit-il, et pourquoi cette affaire sort-elle maintenant dans Het Laatste Nieuws (https://tinyurl.com/2dnm83fe) et Sudinfo (https://tinyurl.com/4j7yw676) ?
Réponse à la deuxième question: parce que ce jeudi (et vendredi), le Tribunal correctionnel de Bruxelles va se pencher sur le prix présumé exagéré de cette fameuse vente qui aura côuté 59,2 millions à Marc Coucke en décembre 2017.
Van Holsbeeck et l'agent Christophe Henrotay qui sont aussi des plaignants, ainsi que Jo Van Biesbroeck qui lui ne réclame rien, devraient eux figurer sur le banc des prévenus.
En cause, principalement : une commission de deux millions d'euros au profit de l'agent, manipulée par les deux anciens dirigeants d'Anderlecht pour qu'elle lui soit versée APRÈS la vente du club, donc par Coucke.
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Un contrat falsifié au centre de l'affaireUne commission par ailleurs assez douteuse, liée à un contrat non moins douteux et même falsifié (antidaté) concernant le joueur Leander Dendoncker.
Cela s’est fait dans le dos du Diable rouge aux 32 sélections, qui s'est d'ailleurs constitué partie civile.
L'actuel milieu de terrain du Real Oviedo aurait en effet totalement ignoré ce contrat le concernant avec Henrotay, auquel 2 millions d’euros sur son transfert (à réaliser) étaient promis.
Dendoncker n'a lui jamais touché la prime de fidélité d’un million d’euros prévue.
Van Holsbeeck accuse Van Biesbroeck
Van Holsbeeck, qui clame son innocence dans cette affaire, désigne le CEO Jo Van Biesbroeck comme l’architecte du montage.
Mais c'est quand même lui qui a signé le contrat avec le cachet de l’ancien dirigeant Philippe Collin, à l’insu de ce dernier.
Objectif : faire payer à Marc Coucke, en plus du prix d’achat de 59,2 millions pour le club, 2 millions supplémentaires sous forme de commission dissimulée à Henrotay, affirme le parquet.
Van Holsbeeck (qui reconnaît que le contrat a été antidaté et qu’il n’a en réalité été signé que quelques jours avant la vente du club) affirme lui que la commission de 2 millions a été promise à Henrotay dans le cadre de la vente du club, et non pour son travail d’agent de Dendoncker, transféré à Wolverhampton pour 14 milillions d'euros à l'été 2018.
Vanden Stock avait en réalité promis d’augmenter la commission de Henrotay sur un futur transfert de Dendoncker, dans le cadre de son un mandat exclusif pour aider à vendre le club avant la fin de l’année 2017.
Anderlecht devait au total 3,4 millions (2 + 1,4) à Henrotay pour cette opération.
Le Liégeois qui réclame quatre millions d'euros (bloqués par l'enquête pénale) affirme lui que Coucke n’a jamais payé les deux millions en question.
Ce paiement ne devait être effectué qu’après l’été 2018.
Une arnaque pour faire payer Marc Coucke !
Ce qui, selon le parquet, signifie qu'une fois le club vendu, ce n'était plus les actionnaires vendeurs qui devaient verser la somme de deux millions d'euros à l'agent Henrotay, mais bien le nouveau propriétaire, Marc Coucke.
Le Tribunal correctionnel de Bruxelles va donc maintenant devoir trancher, en évaluant combien valait réellement le RSC Anderlecht au moment où Marc Coucke en a racheté 75 % des parts.
Toute l’affaire ou presque, tourne en définitive autour de ce contrat falsifié, d’une valeur de deux millions d’euros, passé entre Anderlecht et l’agent Christophe Henrotay au sujet de Leander Dendoncker.
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Coucke, qui réclame lui cinq millions d'euros, dont trois, également revendiqués par le club (sic !) l’a licencié pour faute grave (le fameux contrat antidaté).
"Il est absurde de prétendre que Marc Coucke a subi un préjudice dans cette affaire", déclare Dimitri de Beco, l'avocat de Henrotay. "
Dans l'accord à l'amiable qu'il a conclu avec mon client pour ramener le montant dû de 9,4 millions d'euros à 7 millions d'euros, il a déjà obtenu la réduction demandée de 2 millions d'euros.
Sur les 7 millions d'euros convenus, seuls 3 millions ont été versés. Henrotay exige que les 4 millions d'euros restants lui soient versés.
Il s'agit de deux tranches de 2 millions d'euros qui étaient initialement prévues pour fin 2019 et juillet 2020, mais qui ont été bloquées par le club lorsque l'enquête judiciaire a été ouverte.
Il doit réclamer les 4 millions d'euros restants devant le tribunal civil, et non devant le tribunal pénal.
En espérant que tout le monde aura compris quelque chose à cet imbroglio dont le monde du football se serait bien passé.
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