Kevin De Bruyne avait imaginé les choses autrement. Le club qui devait être un nouveau chapitre semble soudainement le pousser vers la sortie. À Naples, la confiance change, ce qui rend la situation explosive.
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D'un projet prestigieux à une interrogation à NaplesNaples n'a pas recruté Kevin De Bruyne pour le luxe. Il était le projet prestigieux. L'homme qui devait apporter son expérience, son calme et sa qualité décisive dans les moments où cela fait la différence. Pas toutes les semaines. Mais lors des grands soirs.
Antonio Conte le savait. La direction du club le savait. Et De Bruyne lui-même aussi. Manchester City l'a laissé partir en avril 2025, après dix ans et un palmarès bien rempli. Pas de drame, pas de dispute. Juste une décision commerciale.
L'âge, les antécédents de blessures, la planification à long terme. De Bruyne a admis que c'était « surprenant », mais aussi « compréhensible ». Ce contexte joue un rôle, d'autant plus que des problèmes antérieurs aux ischio-jambiers ont clairement montré que sa disponibilité n'était plus une évidence.
Naples voyait les choses différemment. Il y avait encore du romantisme. Encore de l'ambition. Encore l'idée que, s'il était utilisé intelligemment, il pouvait être un facteur décisif.
Conte voyait un général. Le club voyait une figure de proue. Et De Bruyne lui-même voyait encore un grand chapitre européen à écrire, aux côtés de Romelu Lukaku, loin du rythme hyper intense de l'Angleterre.
Conte pousse, De Bruyne sent la limite
Mais le football de Conte est intense. Ses entraînements sont connus pour leurs blocs courts et intenses à rythme cardiaque élevé. Cela permet de développer des moteurs, mais nécessite une approche personnalisée pour les trentenaires ayant des antécédents musculaires.
Pas trois matchs en sept jours. Pas d'automatismes qui dépassent les capacités du corps. De Bruyne n'est plus une machine. C'est un instrument de précision. Et les instruments de précision se cassent quand on les force.
À cela s'ajoute la réalité financière. La masse salariale de Naples pour 2025/26 est estimée à un peu plus de 112 millions d'euros bruts. De Bruyne coûte plus de 11 millions d'euros, soit près de 10 %.
Pour un club qui n'a pas la puissance commerciale de City, ce n'est pas négligeable. Surtout avec la règle de l'UEFA qui, à partir de cette saison, fixe le ratio des coûts de l'effectif à 70 % des revenus.
Pour De Bruyne lui-même, c'est un dilemme moral. Il a délibérément choisi de ne pas rejoindre l'Arabie saoudite lorsqu'il a quitté Manchester City. Il voulait rester compétitif en Europe, continuer à peser dans la course au titre, continuer à jouer au plus haut niveau. Naples était le compromis entre ambition et réalité. Mais chaque blessure modifie légèrement cet équilibre.
La piste saoudienne est prête à servir d'issue
Le timing rend la situation d'autant plus délicate. À Naples, on veut avant tout de la sécurité. Le club ne peut pas se permettre des saisons où 10 % de la masse salariale est mise à l'écart pendant des mois.
Les clubs saoudiens, en revanche, ne sont pas soumis aux règles de l'UEFA, aux ratios de coûts salariaux ou à la pression de la Ligue des champions. Ce qui est un risque pour Naples est un achat prestigieux pour eux.
Selon des sources proches du dossier, il ne s'agirait donc pas d'un départ immédiat cet hiver, mais d'un accord en vue de l'été.
Si De Bruyne devait rechuter ou être géré de manière structurelle avec un temps de jeu limité, l'Arabie saoudite ne serait plus une option exotique, mais une issue rationnelle. Tant pour le joueur que pour Naples.