Brahim Díaz est passé en quelques minutes du statut de héros potentiel à celui d’anti-héros du Maroc lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations.
À la toute dernière minute du temps réglementaire, après une longue interruption marquée par des protestations et une grève des joueurs de seize minutes, l’attaquant de 26 ans a eu l’occasion d’offrir au Maroc sa première CAN depuis cinquante ans. Concentré et sûr de lui, Díaz s’est présenté face au but pour tirer le penalty décisif.
Mais son choix a stupéfié tout un pays. Plutôt que d’assurer, il a tenté une panenka. Le gardien sénégalais Édouard Mendy est resté immobile et a capté le ballon sans difficulté, provoquant la stupeur générale.
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Regragui le sortQuelques minutes plus tard, en prolongation, le Sénégal a rapidement trouvé le chemin des filets, scellant le sort du match et plongeant le Maroc dans une immense déception, à domicile.
Sorti immédiatement par le sélectionneur Walid Regragui, Díaz affichait déjà un visage ravagé. Les critiques n’ont pas tardé à tomber.
Pas un simple penalty raté
Pour l’analyste Khalid Boulahrouz, ce n’est pas tant l’échec que le choix du geste qui pose problème : tenter une panenka dans un moment aussi crucial a été perçu comme un acte d’ego, une décision centrée sur lui plutôt que sur les quarante millions de Marocains en attente d’un sacre historique.
« Il ne s’agit pas seulement de rater un penalty", dit Boulahrouz sur Ziggo. "Personne ne lui en voudrait s’il choisissait un angle et que le gardien arrêtait, ou s’il tirait à côté. Mais se présenter là, avec encore deux minutes à jouer, et décider de tenter une panenka… »
« Cela signifie : “Il s’agit de moi, pas du Maroc.” Pas de quarante millions de personnes, pas de toutes ces générations qui souffrent de voir filer les Coupes d’Afrique. Il a pensé que tout devait tourner autour de lui. Tu n’es ni Zidane, ni Ronaldo, ni Hakimi. C’est extrêmement douloureux. »
Moment important
Nordin Amrabat a parlé d’un geste irrespectueux: «On ne peut pas se permettre ça à un moment aussi important. Il aurait pu être le héros, il est maintenant le dindon de la farce. ».
Le contraste a été cruel lors de la cérémonie officielle. Malgré la défaite, Díaz a dû monter sur le podium pour recevoir sa médaille d’argent et son trophée de meilleur buteur du tournoi. Sous les applaudissements, il luttait contre les larmes, symbole d’une finale qui pourrait le marquer durablement.