Antoine Sibierski figurait depuis longtemps sur la liste d'Anderlecht. Mais avec son départ imminent de Troyes, il devient soudainement un candidat de premier plan. Cependant, ce dossier est d'emblée délicat : Anderlecht recherche la sérénité, tandis qu'une certaine agitation entoure Sibierski.
Le Sporting répète depuis des semaines qu'il ne se précipitera pas pour trouver son nouveau directeur sportif. Le club cherche une solution répondant à un besoin de structure, une soif de crédibilité et une peur viscérale de se tromper à nouveau. L’Équipe a rapporté que Sibierski, dont le profil plaît à Neerpede depuis un moment, quittera Troyes dans les prochains jours en raison de désaccords avec sa direction. Peu après, Foot Mercato affirmait que ce même Sibierski était en pole position pour rejoindre Anderlecht.
Cela rend le dossier particulièrement intéressant. Sibierski ne quitte pas un club en crise : Troyes est leader de Ligue 2 et réalise une saison solide. En d'autres termes, il ne fuit pas un échec sportif, mais une situation interne conflictuelle. Selon L’Équipe, la relation avec le président délégué et CEO Edwin Pindi était « compliquée » depuis des semaines. Le contraste est saisissant : un homme quitte le leader français pour cause de clash interne pour potentiellement atterrir dans un Anderlecht qui cherche désespérément le calme depuis des mois.
Expérience en France et en Angleterre
Sibierski n'est pas un inconnu. Nommé à Troyes en juillet 2024, il a mis en avant son expérience en France, son passage en Angleterre (Manchester City, Newcastle, Wigan, Norwich) et son profil de leader. En septembre, il expliquait dans L'Équipe comment il avait redressé Troyes en instaurant plus de discipline et de cohérence. Le fait que Troyes appartienne au City Group renforce son profil : il a travaillé dans un environnement où les données, la structure et le long terme sont des piliers.
C'est là que réside l'ironie pour Anderlecht. À Neerpede, le discours est identique. Le CEO Kenneth Bornauw martèle que le club ne panique pas, qu'il n'y a pas de deadline et qu'il cherche une personnalité dotée d'une crédibilité naturelle, d'un ADN footballistique et d'un réseau solide. Après le départ d'Olivier Renard, Bornauw évoquait le besoin d'un profil capable de bâtir sur le long terme et d'imposer son autorité au vestiaire et au staff.
Il est toutefois frappant qu'Anderlecht puisse porter son choix sur quelqu'un en conflit avec sa direction actuelle. Ce n'est pas un obstacle insurmontable — les conflits existent même dans les clubs bien gérés — mais pour Anderlecht, c'est plus sensible qu'ailleurs. Le club traîne depuis des mois un débat sur sa vision sportive et l'expertise footballistique réelle au sein de sa direction.
Fink a refusé
Ces dernières semaines, les doutes ont afflué de toutes parts. Thorsten Fink a déclaré ne pas voir de plan concret à Anderlecht, Besnik Hasi a réclamé plus de savoir-faire footballistique, et Steven Defour a souligné le besoin d'un directeur sportif qui s'inscrive dans la durée plutôt que d'utiliser le club comme un tremplin. Tous pointent le même manque : la crédibilité.
Dès lors, Sibierski est un test décisif pour le "nouvel Anderlecht". Sur papier, il coche beaucoup de cases. Mais sa situation actuelle en France fait de sa venue un choix risqué. Anderlecht ne recruterait pas seulement un remplaçant à Renard, mais un profil testant la capacité du club à accepter la friction en échange d'expertise et de poigne.
Si la "fumée blanche" apparaît pour Sibierski, ce ne sera pas juste la fin d'une quête. Ce sera un signal fort. Soit Anderlecht voit en lui l'homme fort capable d'obtenir des résultats malgré les vents contraires, soit il engage un homme dont le premier fait d'armes bruxellois sera lié à un départ conflictuel. Dans ce second scénario, la question ne sera pas de savoir si Sibierski est compétent, mais si Anderlecht pense vraiment pouvoir construire de la stabilité sur un terrain aussi miné.
Anderlecht s'est donné du temps, a engagé un chasseur de têtes (Odgers) et a promis de ne pas se précipiter. S'il finit par choisir un profil qui quitte le leader français pour cause de mésentente, il devra l'expliquer. Pas avec des slogans creux, mais en répondant à une question : Anderlecht a-t-il trouvé sa solution, ou simplement son prochain foyer de tension ?
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