Lors du match nul d'Anderlecht sur la pelouse d'Hammarby (1-1), on a pu constater qu'un joueur du RSCA est devenu indispensable à son équipe.
Vítor Bruno est sous le charme de Marco Kana. À vrai dire, c'est le cas de presque tous les entraîneurs passés par le Parc Astrid. De Vincent Kompany à Besnik Hasi en passant par Brian Riemer, tous ont encensé les qualités de leader et le bagage technique du joueur.
Marco Kana, la clé de voute de l'entrejeu
Repositionné dans son rôle de milieu défensif, Kana prend une nouvelle dimension. En recrutant Giulian Biancone et Léo Pétrot, le RSCA s'est doté de deux défenseurs axés avant tout sur le travail défensif pur. Une approche pragmatique qui a son sens, mais le football moderne exige aussi des relanceurs capables de faire repartir le jeu proprement depuis l'arrière. Si la charnière française saura parfois allonger le jeu, elle ne sera guère adepte des passes tranchantes venant casser les lignes adverses.
C'est là que Marco Kana devient essentiel dans la phase de construction. Face à Hammarby, c'est presque toujours par lui que repassaient les ballons, Colin Coosemans le sollicitant à maintes reprises. S'il doit encore éviter un excès de confiance technique qui l'a poussé à commettre quelques rares scories, sa prestation est restée très propre. Ni plus, ni moins.
Son remplacement par Enric Llansana après l'heure de jeu a servi de révélateur : le jeu anderlechtois s'est aussitôt dégradé, abusant de longs ballons et perdant toute sa maîtrise collective. Une situation qui pourrait bien offrir du temps de jeu à un profil comme Cedric Hatenboer. Également doté d'une excellente vision du jeu, un profil à la Frenkie de Jong, comme on aime le qualifier aux Pays-Bas, il colle à la philosophie du coach. Alors que Besnik Hasi privilégiait des milieux physiques et d'impact, Vítor Bruno veut un véritable « footballeur » devant la défense.
Ambros et Stroeykens pour poser le jeu
Pour imposer une réelle domination, Anderlecht manque encore de joueurs capables de conserver le ballon. C'est le cas aux avant-postes, où un point d'appui précieux ferait le plus grand bien, un registre dans lequel Danylo Sikan peine à s'imposer, mais aussi dans le cœur du jeu, où le patron au poste de 8 ou de 10 se fait attendre. Si Nathan Saliba apporte beaucoup par ses courses et sa générosité, son jeu balle au pied reste à quitte ou double. Lukas Ambros a bien apporté quelques séquences de répit avant de voir sa prestation gâchée par son exclusion, tandis qu'un Mario Stroeykens en pleine possession de ses moyens possède aussi cette faculté à temporiser.
Le constat dressé avant le coup d'envoi s'est vérifié : c'est au caractère et au mental qu'Anderlecht est allé chercher ce résultat en Suède. Si la copie globale reste honorable, cette rencontre a surtout mis en lumière l'urgence de la situation : Antoine Sibierski va devoir prêter main-forte à Vítor Bruno en concrétisant rapidement plusieurs renforts de poids.
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