Hans Vanaken a reçu un nouveau message difficile chez les Diables Rouges. Non pas parce que sa montée au jeu a été mauvaise, bien au contraire. Mais Rudi Garcia ne semble pas vouloir l'aligner au milieu de terrain de l'équipe nationale. Et ce verdict est un coup dur pour le milieu de terrain du Club de Bruges.
Après sa solide montée au jeu contre la Croatie, Hans Vanaken semblait prêt à fêter sa titularisation contre la Tunisie. Tout le monde s'attendait à ce que Rudi Garcia l'aligne enfin d'entrée pour ce dernier match de préparation avant la Coupe du Monde. Pourtant, cela n'a pas été le cas. Une situation qui rend le cas de Vanaken d'un coup encore plus douloureux. Il s'agit ici de bien plus que d'un simple choix, d'un match ou d'une expérimentation. Garcia semble avoir figé son milieu de terrain. Et pour l'instant, la place y est surtout réservée à Kevin De Bruyne, Youri Tielemans et un récupérateur. Contre la Croatie, c'était Nicolas Raskin. Contre la Tunisie, Amadou Onana. Pour Vanaken, cela ne change rien : il reste sur la touche.
Le débat avait déjà commencé face à la Croatie. Vanaken avait débuté sur le banc, voyant Raskin lui être préféré. C'était déjà marquant à l'époque. Vanaken sortait d'une solide campagne de qualification pour le Mondial, s'était montré crucial avec le Club de Bruges en championnat comme en Ligue des Champions, et s'était battu pour retrouver sa place en sélection sous les ordres de Garcia. Pourtant, le sélectionneur a opté pour un autre profil. Raskin apporte ce que Vanaken n'offre pas : de l'agressivité, du pressing, du volume de course et de la sécurité défensive. Des critères essentiels dans l'esprit du coach national. Garcia veut du contrôle au milieu de terrain. Pas seulement avec le ballon, mais surtout sans le ballon.
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Raskin correspond mieux au jeu de GarciaC'est pourquoi Raskin barre la route à Vanaken en confrontation directe. Non pas parce qu'il a plus de classe ou qu'il apporte plus de jeu, mais parce qu'il colle mieux au plan de contrôle de Garcia. Het Laatste Nieuws qualifiait d'ailleurs Raskin de « pitbull » de l'entrejeu. Raskin est ce joueur qui chasse, dispute les duels, comble les brèches et protège ses partenaires. Pourtant, après la Croatie, Vanaken avait fait tout ce qu'on attendait de lui. Il est monté au jeu avec brio, a envoyé une tête sur la transversale et a délivré une passe décisive pour Romelu Lukaku. Sur Sporza, Peter Vandenbempt a souligné que Vanaken faisait mieux jouer les Belges : « C'était vraiment frappant », a-t-il déclaré, le décrivant à la fois comme un « finisseur et une rampe de lancement ».
Cela ressemblait à un signal clair en vue de la Tunisie. Si Garcia hésitait encore, c'était le moment idéal pour tester Vanaken aux côtés de De Bruyne et Tielemans. D'autant plus pour un dernier match de préparation avant le Mondial, et après tous les éloges reçus pour son impact contre la Croatie. Mais Garcia ne l'a pas fait. Face à la Tunisie, il a aligné Onana, Tielemans et De Bruyne. Het Nieuwsblad y a déjà vu le trio potentiel de l'entrejeu pour le match d'ouverture contre l'Égypte. Le quotidien a écrit que si certains attendaient Vanaken dans le onze, tout porte à croire qu'il devra se contenter d'un rôle de joker de luxe.
Vanaken a donc manqué la titularisation deux fois d'affilée, au moment précis où l'équipe type pour la Coupe du Monde se dessine. Contre la Croatie, Raskin l'a privé de place. Contre la Tunisie, c'était Onana. Dans les deux cas, Garcia applique la même idée : un milieu composé de De Bruyne, Tielemans et d'un joueur principalement chargé d'apporter de l'équilibre. Sous Garcia, Raskin a prouvé que ce profil est devenu presque indispensable. S'il ne joue pas, Onana prend le relais. Mais Vanaken, lui, n'entre que rarement en ligne de compte de manière automatique. Au-delà des techniciens, Garcia veut un joueur pour faire le sale boulot. Quelqu'un qui va au duel, ferme les espaces et permet à De Bruyne et Tielemans de se concentrer sur l'aspect offensif. Vanaken apporte le contrôle avec le ballon. Raskin et Onana apportent le contrôle sans le ballon. Et pour l'instant, c'est cette seconde option qui prime chez Garcia.
Indispensable à Bruges
Dans Le Soir, Philippe Albert a parfaitement résumé le problème de Vanaken : il évolue dans les mêmes zones que Tielemans et De Bruyne. Au Club de Bruges, Vanaken est indispensable, il est la plaque tournante de l'équipe. Chez les Diables Rouges, la hiérarchie est différente. De Bruyne le devance largement. Tielemans porte le brassard de capitaine. Et Raskin s'est imposé sous Garcia comme un élément presque toujours utile, suivi de près par Onana. Albert a également souligné que depuis son arrivée chez les Diables, Raskin enchaîne les bonnes performances et s'avère particulièrement intéressant au poste de numéro six. Sa conclusion est limpide : selon son analyse, Vanaken ne débutera pas la Coupe du Monde dans la peau d'un titulaire indiscutable.
Le plus difficile à accepter, c'est que Vanaken ne sort pas du onze à cause de mauvaises prestations. Bien au contraire. Il joue bien. Il se montre, a de l'impact et affiche une complicité évidente avec Lukaku. Pourtant, cela ne suffit pas. Le doute planait encore après la Croatie, mais la donne se précise après la Tunisie. De Bruyne reste incontestable, Tielemans conserve solidement sa place de capitaine, et pour le troisième spot, Garcia regarde plutôt vers Raskin ou Onana que vers Vanaken. Het Nieuwsblad a avancé qu'Onana, Tielemans et De Bruyne pourraient bien former le triangle face à l'Égypte. Garcia n'a pas encore officialisé ses choix, mais après la Croatie et la Tunisie, le signal est on ne peut plus clair. Vanaken est proche de l'équipe, mais pas dedans.