Le RSC Anderlecht vient de vivre une nouvelle saison compliquée. Les Mauve et Blanc ont échoué à la quatrième place, et ce pour la deuxième année consécutive. Luc Nilis et Mike Verstraeten ont connu des époques bien différentes à Bruxelles. Aujourd'hui, ils pointent du doigt un problème majeur au sein de ce club, autrefois la plus grande fierté du football belge.
Mike Verstraeten et Luc Nilis sont de grands amis. Nous nous sommes rendus à la brasserie De Stokerij à Kuringen pour assister à la présentation du livre de Verstraeten. Ce fut un après-midi chaleureux, rythmé par de magnifiques anecdotes de vestiaire. Davy Schollen (ex-Anderlecht, Genk et Saint-Trond) était également de la partie, le jour même de l'anniversaire de Nilis.
Nilis a porté le maillot d'Anderlecht pendant six ans. Le Limbourgeois y a décroché quatre titres de champion, trois Coupes de Belgique et une Supercoupe. Considéré comme l'un des joueurs les plus élégants de l'histoire du football belge, il évoluait à l'époque aux côtés de cracks comme Marc Degryse, Philippe Albert ou John Bosman. De son côté, Verstraeten a joué deux ans à Anderlecht et a remporté deux titres, malgré de nombreuses blessures. Il faisait alors partie d'une équipe redoutable composée de Jan Koller, Pär Zetterberg ou encore Bart Goor.
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Mister Michel et Monsieur ConstantLors de cet événement, Nilis s'est exprimé sur la crise que traverse son ancien club : « À l'époque, il y avait Michel Verschueren et Constant Van den Stock à Anderlecht. Ils descendaient rarement dans le vestiaire, ce qui n'était pas nécessaire car nous avions une excellente équipe. Mais lorsqu'ils le faisaient quand les résultats stagnaient, chaque joueur comprenait immédiatement où était sa place. »
« Je ne vois plus ce genre de personnalités aujourd'hui au RSCA. Ils incarnaient le club par leur seule présence, en tant que manager et président. C'est ce qui manque actuellement à Anderlecht. Je ne parle pas du plan sportif, mais d'un président doté d'une véritable aura face aux joueurs et à l'institution. Quelqu'un qui détient le pouvoir suprême. Qui a le pouvoir aujourd'hui à Anderlecht ? Combien de personnes différentes y travaillent en interne en ce moment ? Je ne vois pas de grand patron. L'absence d'une telle figure chez les Mauves est un vrai manque, et je trouve cela regrettable. »
Anderlecht métamorphosé
Verstraeten partage totalement l'avis de Nilis. Lui aussi observe un Anderlecht métamorphosé : « Je regarde Anderlecht avec le cœur lourd. On dit souvent qu'il ne faut pas vivre dans le passé, mais avant, c'était bien meilleur et plus chaleureux. On jouait davantage avec le cœur, alors qu'en cette année 2026, tout est devenu beaucoup plus pragmatique et business. »
« J'ai assisté à la finale de la Coupe d'Anderlecht et on ressent ce vide. Cette attitude conquérante du style "cette coupe est à nous", je ne l'ai pas vue. Autrefois, quand je devais affronter Anderlecht ou quand j'y jouais, les équipes adverses s'estimaient heureuses de ne perdre que 2-0 au RSCA. Ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, tout le monde peut battre Anderlecht. Ça fait mal. Je n'y ai passé que deux ans, mais j'y ai découvert une famille chaleureuse, c'est pourquoi cela me blesse. Terminer quatrième avec Anderlecht, c'était tout simplement impensable à notre époque. »
Verstraeten espère désormais que Michael Verschueren et Kenneth Bornauw parviendront à ramener Anderlecht au sommet du football belge : « Il est crucial de placer les bonnes personnes aux bons postes. Cependant, je crains que nous ne devions attendre encore longtemps avant de revoir le "grand Anderlecht" et de célébrer un nouveau titre. »