Ayant passé cinq années de sa carrière de joueur à Nantes et y ayant déjà coaché lors de la saison 2018-2019, Vahid Halilhodžić savait ce que signifiait la relégation du club.
Alors, quand les supporters ont envahi le terrain face à Toulouse, le coach n'a pas pu retenir ses émotions, lui qui savaient qu'il disputait sa dernière rencontre à la tête des Canaris. Arrivé en mars pour une mission sauvetage qui aura été impossible, il a très mal vécu ce que les fans ont fait et a tenté de les en empêcher.
"C'est mon instinct qui a parlé"
"Qu’est-ce que je peux faire comme commentaire ? C’est très grave. Sportivement, le club descend. C’est une situation dramatique. C’est triste, je n’ai pas d’autres mots. Je sais ce que signifie l’interruption d’un match. Ça veut dire des sanctions demain. C’était mon dernier match, je l’avais préparé et travaillé. Je voulais une victoire pour notre honneur, notre orgueil et terminer sur une note positive", lançait Halilhodžić après l'interruption définitive de la rencontre.
"Il s’est passé ce que vous avez vu. Je suis allé vers les hommes cagoulés. J’ai essayé de les stopper, mais le gars de la sécurité m’a dit que je ne pouvais pas. Je peux comprendre qu’ils soient frustrés, pas contents, mais il y avait beaucoup de monde. Je comprends la frustration, mais le club ne mérite pas ça. Ce n’est pas bien", ajoutait-il encore.
Un coach qui ajoutait encore quant à sa tentative d'intervenir : "Je suis tellement enthousiaste. Je ne voulais pas que le match s’arrête. C’est mon instinct qui a parlé. J’étais dans une émotion folle. Je leur ai dit : 'Pas ça, pas ça… '. Et je pensais que ça allait s’arrêter. Je ne veux pas rentrer dans les raisons, mais c’est une triste soirée. Je suis désolé pour tous ceux qui aiment le club. On préfère, tous, voir Nantes en première division. Dans chaque match, on a été dedans, on s’est accroché, mais je n’ai pas réussi mon coup", poursuivait Halilhodžić.
"Ça va me poursuivre et me bloquer dans mon épanouissement"
"Ça va me poursuivre et me bloquer dans mon épanouissement. Ce n’est pas depuis deux mois, cette animosité et cette fracture vis-à-vis des dirigeants. Il faut faire la différence entre le club et les dirigeants. Monsieur Kita est propriétaire mais ce n’est pas Nantes", de dire Halilhodžić.
Au bord des larmes, l'homme de 73 ans concluait : "J’ai beaucoup de regrets sur beaucoup de matchs, et jamais je n’ai pu imaginer qu’on allait terminer comme ça. C’est la première fois que je vis ça et ça va rester dans ma mémoire profonde."