Annoncé comme un renfort offensif stratégique, Jusuf Erabi symbolise aujourd’hui les errements du mercato estival du KRC Genk. En difficulté sportivement, le club limbourgeois voit l’une de ses recrues phares déjà reléguée au second plan.
La saison du KRC Genk laisse un goût amer. En championnat, les Limbourgeois peinent à retrouver la régularité qui avait fait leur force la saison dernière. Seule la campagne européenne apporte un semblant de réconfort, sans masquer les carences observées semaine après semaine. L’été dernier, la direction avait pourtant choisi la continuité, en conservant l’ossature du groupe champion, à l’exception notable de Tolu Arokodare et Christopher Bonsu Baah.
Pour accompagner cette stabilité, Genk avait apporté plusieurs retouches ciblées. Thorsten Fink, alors à la tête de l’équipe, avait vu revenir Junya Ito, un visage bien connu du public, tandis que Daan Heymans venait densifier l’entrejeu. Tobias Lawal avait, lui, été recruté pour succéder à Mike Penders dans les cages. Enfin, un attaquant supplémentaire avait été attiré dans les derniers jours du mercato afin d’anticiper un possible départ de Tolu.
Quatre millions jetés par la fenêtre
Dans ce contexte, le dossier Jusuf Erabi a rapidement pris de l’ampleur. Alors que l’arrivée de Hyun-geo Oh semblait imminente, Genk a insisté pour finaliser le transfert de l’attaquant suédois. Pour un montant avoisinant les quatre millions d’euros, Erabi est devenu la recrue estivale la plus chère du club l'été dernier.
Six mois plus tard, le constat est sévère. Peu convaincant dans ses prestations, Erabi a progressivement disparu des plans du staff. Une situation qui n’étonne pas l’analyste Hein Vanhaezebrouck. « Je ne le trouvais pas assez impliqué pour le championnat belge. Aujourd’hui, son recrutement apparaît déjà comme un mauvais achat. Il n’est même plus sur le banc », a-t-il confié à Het Nieuwsblad.
Plus inquiétant encore, l’attaquant de 22 ans a été devancé par de jeunes profils comme Aaron Bibout et Robin Mirisola. « Erabi était numéro un ou deux dans la hiérarchie, il est désormais troisième ou quatrième choix, alors qu’il est le joueur le plus cher de la saison. Cela pose question », insiste Vanhaezebrouck.
À Genk, ce transfert cristallise désormais les interrogations sur une stratégie estivale qui, malgré de bonnes intentions, n’a pas produit les effets escomptés.
Salomon AGADA
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