Le débat sur les avantages sociaux des footballeurs de haut niveau a fait rage toute la semaine. Alors que le gouvernement fédéral cherche des milliards pour remettre de l'ordre dans le budget, le football belge est lui aussi sous le feu des critiques. Pourquoi un joueur gagnant des centaines de milliers d’euros cotiserait-il moins qu’un simple salarié ?
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Un privilège de plus en plus difficile à justifierLe régime de faveur dont bénéficient les sportifs de haut niveau remonte aux années 1970. À l’époque, l’objectif était de protéger les athlètes contre les risques liés à la brièveté de leur carrière, aux blessures et à l’incertitude pesant sur leur avenir une fois leur vie sportive terminée. Or, le football a radicalement changé depuis. Les clubs professionnels sont devenus de véritables entreprises commerciales, et les salaires des joueurs ont atteint des niveaux vertigineux, parfois même ahurissants.
Pourtant, grâce à diverses dérogations, les footballeurs versent, dans les faits, des cotisations de sécurité sociale nettement inférieures à celles des salariés ordinaires. Selon les chiffres communiqués par le cabinet de Frank Vandenbroucke, ces cotisations s’élèvent à environ 5,22 % de leur salaire brut, contre 13,07 % pour les autres travailleurs. Interrogé par VRT NWS, l’économiste du travail Stijn Baert estime qu’une telle situation est difficile à justifier ; selon lui, les footballeurs de haut niveau font partie de ceux qui ont « les épaules les plus larges », autrement dit, ceux qui sont les plus à même de supporter une part plus importante de la charge financière.
Qui finira par payer la note ?
La possible suppression de ces avantages soulève également des questions majeures pour les clubs. Les équipes belges sont déjà confrontées à des concurrents étrangers disposant de budgets plus importants. Pendant des années, ce régime fiscal préférentiel a constitué un atout essentiel pour attirer des joueurs et les retenir dans le pays. S'il venait à disparaître, les coûts salariaux pourraient augmenter de manière significative.
Les clubs plus modestes, en particulier, risquent d'en ressentir les effets. Moins de moyens pour les transferts, la formation des jeunes ou les infrastructures ? Il est fort probable que, in fine, le fardeau ne pèse pas uniquement sur les épaules des joueurs. Si les inquiétudes des clubs sont compréhensibles, elles ne sauraient justifier le maintien d'un système difficile à défendre. Sur X, nombreux sont ceux qui réclament la suppression de ce dispositif.
Ceux qui ont les épaules les plus larges doivent aussi contribuer
Le vice-Premier ministre Maxime Prévot évoque un rendement potentiel de 70 millions d’euros par an. Frank Vandenbroucke estime, quant à lui, qu’une augmentation des cotisations de sécurité sociale rapporterait environ 100 millions d’euros, venant s’ajouter aux avantages fiscaux dont bénéficient actuellement les clubs. Si cela ne résout pas, à soi seul, l’ensemble du défi budgétaire, les montants en jeu n’en demeurent pas moins significatifs. À l’opposé, Georges-Louis Bouchez, président du club des Francs Borains, continue de défendre les intérêts de son club et, plus largement, ceux du monde du football belge.
Une réforme ne doit pas nécessairement se faire du jour au lendemain ; une suppression progressive permettrait aux clubs de disposer du temps nécessaire pour s’adapter. Il devient toutefois de plus en plus difficile de justifier le maintien d’un statut privilégié pour les sportifs les mieux rémunérés. Ceux qui ont les épaules les plus larges doivent supporter les charges les plus lourdes, dans le football aussi. La question n’est plus seulement de savoir si les footballeurs de haut niveau doivent accepter des revenus plus faibles, mais plutôt comment faire en sorte que la facture ne soit pas, in fine, supportée par les clubs eux-mêmes.