Cristiano Ronaldo n'a pas attendu l'annonce de la liste de Jorge Jesus ce vendredi et a fait ses adieux à l'équipe nationale ce jeudi matin, 23 ans après ses débuts, après 234 matches, 146 buts marqués et trois titres conquis : l'inoubliable Euro 2016 et deux Ligues des Nations.
Une vidéo de cinq minutes, dans laquelle Cristiano Ronaldo, accompagné par la musique de Dulce Pontes, O Amor a Portugal, ouvre son cœur aux Portugais.
Le communiqué lu par Cristiano Ronaldo
« Aux Portugais, le moment est venu de rendre le maillot numéro 7 de la sélection qui nous appartient à tous. Je ne l'ai jamais considéré comme exclusivement mien. Mais pendant 23 ans, j'ai eu le privilège et la responsabilité de le porter, de le défendre et de l'emmener avec moi dans les stades du monde entier.
Aujourd'hui, le moment est venu de le confier à l'avenir. Cela n'a pas été une décision facile, car certaines décisions ne se prennent pas seulement avec la tête. Elles se prennent aussi avec le cœur.
Je termine un parcours qui a commencé en août 2003 et a changé ma vie pour toujours. Quand je regarde en arrière et que je pense à tout ce que j'ai vécu en sélection, je ne vois pas seulement des matches, des buts, des records ou des trophées. Je vois des personnes. Je vois des immigrants qui, pendant 90 minutes, sentaient le Portugal un peu plus près d'eux. Je vois des millions de Portugais que je n'ai jamais rencontrés personnellement, mais qui ont fait partie de ma vie. Parce qu'au bout du compte, le football est bien plus qu'un jeu. Le football, ce sont les personnes.
Tout au long de ma carrière en sélection, j'ai cherché à repousser mes limites. J'ai voulu gagner, j'ai voulu être le meilleur, j'ai voulu faire l'histoire. J'ai toujours été exigeant envers moi-même. J'ai toujours voulu plus, j'ai toujours cru que nous pouvions aller plus loin. Et j'ai tout donné pour ce maillot.
Il y a eu des après-midis et des nuits parfaits, il y a eu des victoires que je n'oublierai jamais, il y a eu des défaites que j'ai encore du mal à me remémorer aujourd'hui. J'ai aussi échoué, j'ai aussi souffri, il y a eu des moments où je n'ai pas été capable d'offrir aux Portugais ce qu'ils désiraient tant. Mais je n'ai jamais abandonné. Et par-dessus tout, je n'ai jamais cessé d'éprouver de la fierté à représenter le Portugal.
Au fil de ces années, j'ai appris des choses très simples. Les buts passent, les trophées restent dans les musées, les records finissent par être battus. Mais il y a quelque chose que le temps ne pourra jamais effacer : la place que nous occupons dans le cœur des gens. Si je vous ai rendu heureux un jour, si un de mes buts vous a poussé à serrer quelqu'un dans vos bras, à oublier un moment difficile ou à être fier de notre pays, alors tout en valait la peine. Parce qu'être portugais, c'est aussi cela. Nous souffrons ensemble, nous nous relevons ensemble, nous y croyons à nouveau.
Le Portugal aura toujours besoin de jeunes qui rêvent, de joueurs qui n'abandonnent jamais, de nouvelles générations qui croient qu'il est possible d'arriver là où personne n'est jamais allé. Parce qu'un pays qui continue de créer de nouveaux héros est un pays qui ne cesse jamais de croire en lui-même.
À mes coéquipiers en sélection, je tiens à laisser un mot particulier. Merci pour chaque course, pour chaque accolade, pour chaque discussion, pour chaque silence avant d'entrer sur le terrain. Pour chaque victoire que nous avons célébrée ensemble et pour chaque défaite qui nous a rendus plus forts. J'ai eu le privilège d'être votre capitaine, mais aucun capitaine ne marche seul. Et vous faites partie de mon histoire.
À tous les entraîneurs, dirigeants, médecins, kinésithérapeutes, intendants, employés et à tant de personnes qui ont travaillé avec moi au fil de ces années, un grand merci. Beaucoup d'entre vous n'ont jamais figuré sur les photos, mais sans vous, aucune de ces photos n'aurait été possible.
À ma famille, merci d'avoir partagé ce rêve avec moi. Merci d'avoir compris les absences, les sacrifices et les moments où la sélection a dû occuper un espace qui vous appartenait aussi. Si je suis allé si loin, c'est parce que nous avons toujours marché main dans la main.
Et aux Portugais, à tous les Portugais dispersés à travers le monde, je veux vous dire une dernière chose. Il y a une image que je porterai toujours avec moi : le moment où retentit l'hymne national. Je regarde autour de moi, je vois mes coéquipiers, je vois les tribunes, je vois des enfants, des mères, des pères et des grands-parents, je vois des Portugais qui sont venus de si loin rien que pour être là. Et pendant ces quelques minutes, nous cessons d'être différents. Il n'y a plus de clubs, plus de couleurs, plus de classes sociales, plus de professions, plus d'opinions. Il n'y a plus qu'une seule passion : le Portugal.
Je garderai ce sentiment au fond de moi pour le reste de ma vie. Aujourd'hui s'achève mon parcours sur le terrain avec l'équipe nationale. Je m'en vais la tête haute, fier du chemin accompli et conscient d'avoir tout donné pour le Portugal. Mais je ne cesserai jamais d'être l'un des vôtres. Je continuerai à souffrir, à vibrer et à célébrer chaque victoire du Portugal avec le cœur.
J'ai passé ma vie à travailler pour être le plus grand joueur du monde. Aujourd'hui, je réalise que ma plus grande victoire a été de mériter de représenter le plus beau pays du monde.
Merci pour ces 23 ans. Merci d'avoir cru en moi. Merci de m'avoir permis de vivre un rêve qui a commencé quand je n'étais qu'un petit garçon, à Madère, en train de courir après un ballon.
Le maillot numéro 7 reste, mais la fierté de l'avoir porté sera mienne pour toujours. Le Portugal sera toujours en moi.
Adieu. Cristiano Ronaldo. »