Le RSC Anderlecht est sous haute tension et la victoire est impérative pour les Bruxellois. Le CEO Kenneth Bornauw et le propriétaire Marc Coucke ont accordé des interviews sur la situation actuelle, mais en faisant cela, ils n'ont fait qu'accroître la pression sur leur propre club.
Bornauw s'est entretenu avec la presse écrite et s'est montré pour le moins critique envers Vitor Bruno. Le CEO a ainsi mis son entraîneur encore un peu plus sous pression en émettant des doutes sur ses choix de changements et l'alignement de jeunes joueurs contre La Gantoise et l'Union Saint-Gilloise.
Ce dernier point était pour le moins curieux. Joshua Nga Kana a été titularisé contre l'Union, et Noa Ojea est monté au jeu après le 3-0. Face à La Gantoise, c'est Kais Barry qui a débuté, mais trois buts ont été encaissés juste après qu'il a déserté son flanc droit. Le joueur plus « expérimenté » Ali Maamar a dû entrer en jeu car Léo Pétrot flirtait dangereusement avec le carton rouge. Quant à la recrue Andrew Omobamidele, elle a laissé jusqu'ici une impression décevante — la défaite au Beerschot s'est jouée avec lui sur le terrain. La faute n'incombe donc pas aux « jeunes joueurs » : le RSCA a perdu contre une meilleure équipe face à l'Union, et contre Gand en raison d'un nombre bien trop élevé d'occasions manquées.
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La direction pouvait se séparer des indésirablesBornauw a également tenu des propos surprenants concernant la réhabilitation de Mario Stroeykens et, dans une moindre mesure, d'Adriano Bertaccini. Si la direction souhaite que Bruno ne les utilise pas, elle n'avait qu'à les écarter du noyau (à l'instar de Thomas Foket & co) ou à s'en séparer, ce qui était tout à fait possible, éventuellement via des prêts. De surcroît, Stroeykens et Bertaccini déçoivent rarement lorsqu'ils jouent cette saison ; sans ce dernier, le RSCA compterait même quatre points de moins...
À cela s'ajoute Marc Coucke, qui trouve peut-être Bruno « trop intelligent ». « Il est aussi très jeune », a-t-il glissé, suggérant que le technicien portugais réfléchit parfois trop et change trop souvent son onze. S'il a aussi tressé des louanges à son égard en voyant en lui un potentiel très bon entraîneur, et que les deux hommes affirment qu'il n'y a pas de crise, ce discours jure totalement : ils critiquent eux-mêmes ouvertement leur coach alors que les médias sortaient de plusieurs jours d'articles très incisifs à l'encontre du technicien.
La communication de Coucke et Bornauw n'a pas été des plus habiles. En laissant transparaître des doutes publics sur leur entraîneur — l'une des figures de voûte d'une structure footballistique —, ils font preuve d'une attitude pour le moins surprenante. Vitor Bruno va devoir enchaîner des résultats exceptionnels pour redresser la barre. Dans les moments difficiles, Anderlecht ne donne pas l'image d'un bloc uni, d'un ensemble solidaire, pourtant indispensable dans ce genre de situation. Si la communication du RSCA est une bonne chose en soi, on aurait préféré voir le directeur sportif (Sibierski) s'exprimer sur les aspects purement tactiques.
Le calendrier à venir s'annonce particulièrement corsé avec Westerlo, le RB Salzburg et le Club Bruges. Bornauw et Coucke voulaient sans doute piquer le RSCA au vif, mais n'ont-ils pas tout simplement surestimé la valeur réelle de cet effectif anderlechtois ? La pression a en tout cas atteint des sommets, en particulier sur les épaules de Vitor Bruno.