Kevin De Bruyne a suscité une vive inquiétude du côté de Naples récemment. Le Diable Rouge a dû céder sa place en fin de rencontre, un scénario que Mark van Bommel aurait également préféré éviter juste avant de dévoiler sa toute première sélection en tant que sélectionneur national. Si les explications fournies après le coup de sifflet final se sont voulues rassurantes, elles ne chassent pas totalement les doutes.
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Grosse frayeurAlors que Naples défendait un court avantage en fin de match face à Bologne, Kevin De Bruyne a semblé mal retomber à la suite d'un duel. Sentant immédiatement qu'il n'était pas raisonnable de poursuivre, le milieu de terrain a fait signe à son banc avant de céder sa place à la 88e minute. Les images laissaient craindre le pire.
La saison dernière, De Bruyne avait manqué plusieurs mois de compétition en raison d'une grave déchirure à l'ischio-jambier droit ayant nécessité une intervention chirurgicale, deux ans après avoir déjà été opéré de ce même groupe musculaire sous le maillot de Manchester City. Dès lors, la moindre alerte physique est scrutée avec la plus grande méfiance. Massimiliano Allegri s'est toutefois voulu rassurant après la victoire 1-0 des siens.
« Il a dépensé beaucoup d'énergie. Ce n'étaient que des crampes », a expliqué l'entraîneur. Il ne s'agirait donc pas d'une nouvelle blessure musculaire. Allegri a néanmoins ajouté un avertissement qui n'est pas passé inaperçu dans les colonnes du Laatste Nieuws : « Au vu de son âge, nous devons le ménager intelligemment. Il s'est donné au maximum. » Des propos qui seront également lus avec la plus grande attention du côté de Tubize.
De courtes entrées en jeu à deux batailles éreintantes
Ces crampes ne surviennent pas tout à fait par hasard. De Bruyne a entamé la saison avec un certain retard physique et a dû se contenter de brèves apparitions lors des trois premières journées de championnat. Face au Genoa, à Côme et à l'Inter, son temps de jeu est chaque fois resté bien en deçà d'une heure. Allegri voulait intégrer son maître à jouer en douceur.
L'exigeant technicien italien lui a accordé sa confiance, tant en interne que publiquement, tout en refusant catégoriquement de le faire jouer 90 minutes d'affilée dans un premier temps. Le corps devait suivre le rythme. Face à Arsenal, la situation a basculé : De Bruyne a fêté sa première titularisation et a disputé l'intégralité de la rencontre de Ligue des Champions. Quatre jours plus tard, il débutait à nouveau la rencontre contre Bologne.
Cette fois, il a tenu 88 minutes. En l'espace de seulement quatre jours, De Bruyne est ainsi passé de montées en puissance méticuleusement programmées à près de trois heures de jeu au plus haut niveau. Contre Arsenal, Naples a dû courir sans cesse après le ballon, tandis que la pression était maximale face à Bologne après une série de trois défaites consécutives. Ces minutes passées sur le terrain n'ont clairement pas été de tout repos pour le Diable Rouge.
De Bruyne a pourtant livré une prestation solide. Il a parfaitement lancé Antonio Vergara d'une passe lumineuse dès le début de la rencontre, avant d'apporter constamment le danger autour de la surface adverse. Stanislav Lobotka a inscrit le seul but de la partie à la 66e minute, mais le Belge a continué à multiplier les efforts jusqu'à ce que son corps ne finisse par lui présenter la facture.
Van Bommel face à un dilemme cornélien
Le timing pouvait difficilement être pire pour Mark van Bommel. Ce vendredi, il dévoilera à Tubize sa toute première sélection en tant que sélectionneur national. En temps normal, la présence de De Bruyne ne ferait l'ombre d'un doute. Mais cette fois-ci, le convoquer n'est que la partie la plus facile de l'équation. Van Bommel va surtout devoir trancher sur le temps de jeu qu'il accordera à son maître à jouer.
Entre le 25 septembre et le 5 octobre, les Diables Rouges doivent disputer quatre rencontres de Ligue des Nations : un déplacement initial en Italie, suivi de duels face à la France et la Turquie, avant de conclure par une nouvelle manche contre ces mêmes Français. Soit quatre chocs de haute intensité condensés en seulement onze jours.
Avant de rejoindre Tubize, De Bruyne a encore un rendez-vous en championnat ce samedi avec Naples sur la pelouse de la Fiorentina, un choc où Allegri décidera lui-même de son temps de jeu. Van Bommel prendra ensuite le relais pour une trêve internationale nettement plus chargée qu'à l'accoutumée. Alignée quatre fois d'affilée comme titulaire, la star belge prendrait un risque particulièrement élevé après cette alerte musculaire.
Le ménager face à l'Italie ou la France s'annonce toutefois délicat sur le plan sportif. Van Bommel lance une nouvelle ère et tient à afficher d'entrée ses intentions tactiques. Or, précisément pour ces premiers rendez-vous au sommet, l'expérience et la qualité de passe de De Bruyne s'avèrent presque indispensables.
Le nouveau rôle de De Bruyne se dessine déjà
De Bruyne a déjà confirmé sa disponibilité pour les Diables Rouges, tout en se montrant lucide sur l'évolution de son statut. « S'ils ont encore besoin de moi, je me tiens à disposition pour aider l'équipe. Mais mon rôle va changer. J'ai guidé la Belgique pendant près de quinze ans. Le moment est venu d'apporter ma pierre à l'édifice d'une manière différente », a-t-il confié dans les colonnes du Corriere dello Sport.
Ces mots prennent une résonance toute particulière, plus vite que prévu. Apporter une contribution différente peut également signifier que De Bruyne ne disputera plus chaque affiche majeure de la première à la dernière minute. Van Bommel devra impérativement faire tourner son effectif, mais le moindre remplacement ou passage sur le banc sera immédiatement interprété par les observateurs comme une rétrogradation sportive.
Le contraste avec le dossier Thibaut Courtois rend la situation d'autant plus délicate. Le portier madrilène a obtenu le feu vert pour faire l'impasse sur l'intégralité de cette campagne de Ligue des Nations en raison d'une surcharge de travail évidente. De Bruyne, de son côté, a fait le choix de rester à la disposition de la sélection, bien que son corps réclame peut-être exactement la même prudence.