Soigner sa première impression est essentiel, mais la lune de miel touche doucement à sa fin pour Vítor Bruno au RSC Anderlecht. Alors que le technicien portugais enchaînait les éloges depuis son arrivée, la toute première défaite des Mauve et Blanc sur la pelouse du promu, le SK Beveren (1-0), a brutalement fait tourner le vent.
Pendant plusieurs semaines, consultants et supporters saluaient à l'unanimité le leadership, l'impact immédiat et la poigne du nouvel entraîneur bruxellois. Mais le football belge a la mémoire courte, et ce revers sur le terrain d'un promu a suffi pour déclencher les premières salves de critiques à son encontre.
La stratégie de rotation pointée du doigt
Ce qui passe le plus mal auprès des observateurs, c'est le grand remaniement effectué par Vítor Bruno quelques jours seulement après la qualification européenne acquise face au PAOK Salonique. Le coach portugais a préféré faire tourner son effectif en arguant un choix « tactique et adapté à l'adversaire », mais la mayonnaise n'a pas pris et l'équipe a clairement manqué d'automatismes.
« C'est un argument un peu étrange face au SK Beveren », a réagi le consultant Tom Boudeweel sur Sporza. « Si vous adaptez votre équipe à ce point selon l'adversaire chaque semaine, vous détruisez toute continuité. Je comprends l'envie de garder tout le monde impliqué, mais il aurait fallu s'appuyer sur des certitudes. »
Le cas Mihajlo Cvetković fait débat
L'élément déclencheur de la gronde populaire et médiatique concerne la mise sur le banc du jeune attaquant Mihajlo Cvetković. Pièce maîtresse et étincelle offensive des Mauve et Blanc depuis le début de la campagne, son absence au coup d'envoi a laissé un grand vide dans l'intensité bruxelloise.
Marc Degryse (Het Laatste Nieuws) s'est montré particulièrement perplexe quant à ce choix : « Cvetković doit être un titulaire indiscutable dans cette équipe. Se passer de lui et aligner simultanément Llansana et Saliba dans l'entrejeu, c'était trop défensif. S'il n'y a pas un transfert en préparation en coulisses, je ne comprends absolument pas la décision de Bruno. »
Si Hein Vanhaezebrouck a tenté de prendre la défense du Portugais en rappelant l'enchaînement éprouvant des matchs, le crédit de Vítor Bruno a pris un premier coup.
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