Le sélectionneur Rudi Garcia s'apprête à procéder à des changements dans son effectif face aux États-Unis. Comme nous l'avons répété à maintes reprises, l'alignement d'un véritable numéro six est indispensable, à l'instar de ce que font toutes les grandes nations. Et si Kevin De Bruyne passe pour l'instant à côté de son Mondial, Footnews explique pourquoi « KDB » doit absolument débuter face aux Américains.
L'insistance de certains médias pour aligner coûte que coûte Youri Tielemans, Hans Vanaken et Kevin De Bruyne ensemble a fini par s'estomper. Logique, puisque ce milieu de terrain a été totalement transparent pendant 55 minutes face au Sénégal. C'était d'ailleurs tout à fait prévisible.
Fin de parcours pour la hype médiatique
Avec Tielemans, Vanaken et De Bruyne, le potentiel créatif est immense, mais les qualités défensives font cruellement défaut. Cela s'est vu face au Sénégal, qui a outrageusement dominé l'entrejeu pendant 55 minutes. Il a fallu attendre l'entrée de Nicolas Raskin, puis un peu plus tard celle d'Amadou Onana, pour que la Belgique reprenne le contrôle. La seule montée de Raskin, qui a permis de faire remonter Tielemans d'un cran, a suffi à restaurer l'équilibre. Un excellent coaching de la part de Garcia, et ceux qui refusent de l'admettre feraient bien de revoir le match.
La Belgique s'est-elle procuré une avalanche d'occasions par la suite ? Non, mais les Diables Rouges ont au moins remis la main sur le milieu de terrain. Avant cela, les Sénégalais se baladaient et leur avantage de 0-2 était alors totalement logique. Les sorties de De Bruyne et de Vanaken s'imposaient d'elles-mêmes. Aujourd'hui, tout le monde s'accorde à dire que Raskin ou Onana doit intégrer le onze de départ au détriment de l'un des trois titulaires initiaux. Évidemment. Tout est une question d'équilibre.
La Belgique n'a plus l'effectif pour imposer un jeu dominant face aux grandes nations. Il serait temps que les consultants, les journalistes, et peut-être même les joueurs se le rentrent dans la tête. Les Diables Rouges ne sont plus cette équipe-là, et il faut l'accepter. Certains se demandent maintenant s'il ne faudrait pas carrément reléguer De Bruyne sur le banc, pour associer Vanaken à Tielemans et Raskin.
De Bruyne prêt à briller
Pourtant, s'il y a bien un match où il ne faut absolument pas écarter le joueur du Napoli, c'est celui contre les États-Unis. Les Américains ont une philosophie offensive ; ils laissent pas mal d'espaces, et les Diables Rouges auront de réelles opportunités d'en profiter. Le Team USA joue un peu comme la Nouvelle-Zélande, le talent technique en plus. Si De Bruyne avait brillé face aux Néo-Zélandais, c'est précisément parce qu'il y avait de l'espace.
Face aux États-Unis, le rythme promet d'être plus soutenu, ce qui colle bien mieux aux qualités de "KDB". Le milieu de 35 ans a besoin de joueurs dynamiques et rapides autour de lui. Cela a toujours été le cas : il n'a jamais été un profil à la Andrés Iniesta, capable de faire la différence dans les petits espaces en conservant le ballon. De Bruyne, lui, veut faire progresser le jeu vers l'avant et a besoin d'une certaine verticalité.
C'est pourquoi nous espérons que Garcia osera prendre d'autres décisions fortes. Face au Sénégal, il a non seulement aligné trois milieux à vocation offensive, mais il y a ajouté Charles De Ketelaere et Leandro Trossard. Dès lors, seul Jérémy Doku apportait cette vitesse et cette percussion électrique. Il est impératif d'injecter plus de profondeur dans le onze de départ. Dans cette configuration, trop de joueurs se sont retrouvés à évoluer dans un mouchoir de poche.
Défensivement, les États-Unis éprouvent de grandes difficultés face aux joueurs rapides. Dès lors, qui faut-il titulariser par rapport au match contre le Sénégal ? Romelu Lukaku est une option crédible. À 33 ans, il ne va plus multiplier les courses sur les flancs ni enchaîner les sprints, mais il a le mérite de peser sur la défense et de rester ancré à la pointe de l'attaque. À l'inverse, Charles De Ketelaere a tendance à dézoner en permanence pour toucher le ballon. Ce Mondial l'a prouvé de manière flagrante : CDK n'est pas un avant-centre. Cela dit, voir Lukaku monter au jeu et faire la différence à chaque fois est aussi une arme redoutable. Pourquoi ne pas tenter le pari Matias Fernandez-Pardo ?
Diego Moreira et Dodi Lukebakio ont quant à eux signé des montées convaincantes face au Sénégal. Avec Maxim De Cuyper, le flanc gauche apporte énormément de profondeur, tandis que Lukebakio ou Moreira pourraient dynamiser le couloir droit. Dans cette configuration, Trossard basculerait à gauche. Après des prestations mitigées, Doku pourrait en profiter pour souffler un coup mentalement sur le banc. En revanche, nous alignerions toujours De Bruyne : ce match contre les États-Unis semble taillé sur mesure pour ses qualités. Garcia doit impérativement privilégier l'équilibre plutôt que les grands noms. C'est, espérons-le, la grande leçon qu'il aura tirée ces dernières semaines.
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