Anderlecht est à nouveau sous haute tension. La défaite en finale de la Coupe plonge Marc Coucke, ses projets et tout l'avenir des Mauves sous une lourde pression. En coulisses, un nouveau plan de crise semble plus que jamais s'imposer.
Anderlecht n'a pas seulement perdu une finale de Coupe. Le club a manqué une énième occasion de prouver que le nouveau cap fixé par Marc Coucke porte ses fruits. Selon Het Nieuwsblad, Coucke a quitté le stade désabusé après la défaite 3-1, vêtu de sa veste mauve clair, pendant que les supporters en colère faisaient entendre leur mécontentement. Avant le coup d'envoi, il répétait pourtant aux VIP qu'une seule chose comptait : « gagner la Coupe ». C'est raté. Le bilan sous l'ère Coucke reste donc dramatique : aucun trophée avec Anderlecht, bientôt dix ans de disette pour le club le plus titré du pays, et une énième saison ratée.
Durant ses années à Anderlecht, Coucke a presque tout essayé. Il a d'abord voulu imposer sa propre marque, avant de confier les clés à Vincent Kompany, puis à Wouter Vandenhaute. Il a nommé des administrateurs, des CEO, des directeurs sportifs et des entraîneurs, mais à chaque fois, l'échec était attribué à quelqu'un d'autre. Christophe Franken l'a résumé de manière cinglante dans La Dernière Heure : selon lui, Coucke a « toujours eu le talent de trouver des boucs émissaires. Mais jamais lui-même ».
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Table raseLe danger pour Anderlecht est que cette défaite n'entraîne le même réflexe qui paralyse le club depuis des années : tout chambouler. Het Nieuwsblad écrivait après la finale qu'on se dirigeait à nouveau vers une « table rase » : un nouvel entraîneur, un nouvel effectif, mais sans la moindre certitude. Cette finale perdue a aussi des conséquences financières majeures. Non seulement à cause de la prime manquée, mais surtout parce que l'Europe devient désormais vitale. Sans ticket européen, il sera plus difficile d'attirer de la qualité, de payer les salaires et de conserver les jeunes talents. La pression sur les derniers matchs de championnat est donc énorme. Or, comme le rappelle Peter Vandenbempt dans Het Nieuwsblad, Coucke a déjà fait savoir depuis un moment qu'il ne comptait plus réinjecter son propre argent dans le club.
Une telle défaite relance inévitablement la question d'un rachat. Non pas parce que Coucke souhaite vendre immédiatement, mais parce que le débat devient incontournable. Anderlecht peut-il encore se contenter de Coucke comme actionnaire principal ? Ou le club a-t-il besoin d'un nouveau moteur financier et sportif ? Une vente partielle ou l'arrivée d'un nouveau partenaire semble plus réaliste qu'un départ total. Des rumeurs ont d'ailleurs circulé ces derniers mois autour de Mauvavie, Geert Duyck ou de potentiels investisseurs étrangers. Pourtant, cela ne résoudra pas les problèmes sportifs d'un coup de baguette magique. Plus d'argent n'aide que si le club sait qui décide, de quels joueurs il a besoin et quel football Anderlecht veut proposer.
Jeudi, Romelu Lukaku était présent en tribune d'honneur. Il a vibré, s'est levé lors de l'égalisation à 1-1, et a confié après coup que cette défaite faisait mal. Coucke et Lukaku partagent un lien fort. Dans Het Laatste Nieuws, Coucke expliquait que la nouvelle structure du club s'inspirait grandement des conseils de Lukaku. De son côté, Big Rom a déclaré que Coucke devait s'entourer de personnes « qui veulent faire grandir le club, pas elles-mêmes ». Le retour de Lukaku — comme joueur, conseiller ou futur dirigeant — pourrait être un formidable levier. Mais pour le consultant Filip Joos, Coucke est un « influenceur pur sang » et Lukaku représente surtout pour lui le garde du corps idéal pour se protéger des critiques des supporters.