Sébastien Pocognoli, 38 ans, s'est-il fourvoyé en décidant de relever le très périlleux défi de l'AS Monaco, au lieu de rester confortablement l'entraîneur d'un club auquel il avait offert son premier titre de champion de Belgique depuis 1935, où il ne risquait donc pratiquement rien ?
D'un autre côté cela vaut-il la peine de se poser cette question, alors qu'une sollicitaion d'un grand club de Ligue 1 française est forcément irrésistible.
Le danger de ne pas y rester longtemps en place est pourtant bien réel, ainsi qu'un autre entraîneur belge et non des moindres, Philippe Clement, a pu s'en rendre compte dans un passé assez récent.
Or Pocognoli n'est toujours pas arrivé à faire démarrer la machine, et a encore subi une défaite, certes injuste, mais cuisante, 1-3, contre Olympique lyonnais, un rival de l'ASM, en ce début d'année.
Il ne fait aucun doute que malgré le soutien très ferme du Directeur général Thiago Scuro, le T1 belge de Monaco est fortement mernacé.
Notamment parce que si l'imprévisible Dimitri Rybolovlev, le John Textor russe à la tête du club, se réveille un matin en décidant que Pocognoli doit être licencié, il en sera ainsi.
"Ses ambitions sont chaque année les mêmes", explique Anthony Clément, du journal L'Équipe, dans Het Laatste Nieuws (https://tinyurl.com/nbyw8pvw).
"Terminer le plus haut possible en championnat, et se qualifier pour la Ligue des champions. Ces millions sont importants pour Monaco. Le club ne tire que peu de revenus du marketing ou de la billetterie. Or une place en Ligue des champions semble pratiquement inaccessible cette saison..."
Ce sont évidemment ces six matches de championnat perdus lors des sept dernières journées, qui font le plus mal.
Ils pèsent en effet très lourdement sur le bilan de Pocognoli après 15 matches: 6 victoires (3 en Ligue 1, 2 en Ligue des champions, et 1 en Coupe de France), 3 matches nuls (1 en Ligue 1, et 2 en Ligue des champions) et 6 défaites, toutes en Championnat.
C'est très décevant, et il est assez rare de voir un entraîneur monégasque bénéficier d'un tel soutien malgré des stats aussi faibles.
Monaco ne joue pas moins bien sous Pocognoli que sous son prédécesseur Adi Hütter, mais il ne joue pas mieux non plus, et ses résultats sont encore moins bons.
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"Ce sera peut-être la grande chance de Pocognoli ! "Les raisons qui permettraient de penser que Pocognoli peut tenir jusqu'à la fin de la saison ne sont donc pas nombreuses.
Mais elles existent.
Parce que, premièrement, il a gagné les trois matches qu'il fallait. À Bodö Glimt (0-1, le 4 novembre) et contre Galatasaray (1-0, le 9 décembre), en Ligue des champions, ce qui permet à l'ASM d'avoir les barrages en vue. Et contre le Paris Saint-Germain (1-0, le 29 novembre), en championnat, une preuve que lorsque les Monégasques veulent, ils peuvent, et que tout n'est pas forcément un problème d'entraîneur.
Mais aussi, deuxièmement, parce que décider personnellement d'un deuxième changement d'entraîneur au cours de la même saison, ne serait pas bon du tout pour le matricule DG brésilien Scuro.
"Même avec Pep Guardiola comme entraîneur, je pense que ça ne marcherait pas", estime Antohny Clement dans Het Laatste Nieuws (https://tinyurl.com/nbyw8pvw).
"Ce sera peut-être la grande chance de Pocognoli. Rybolovlev pourrait hésiter, voire renoncer à payer une nouvelle indemnité de licenciement, et à nommer un nouvel entraîneur..."
"Mais les résultats devront suivre !"
"Mais les résultats devront suivre", prévient l'analyste Swann Borsellino.
"Ils n'accepteront pas trois nouvelles défaites et une douzième place. Même s'ils croient en lui. Monaco reste Monaco. Une équipe de grande qualité avec de jeunes talents. Les prochaines semaines constitueront un défi majeur pour Pocognoli. Monaco préfère changer d'entraîneur que de mentalité"
Le titre, le début de la saison actuelle et cette sensationnelle victoire, 1-3, sur le terrain du PSV Eindhoven en Ligue des champions, désignent par ailleurs Pocognoli comme l'un des candidats les plus crédibles pour l'élection de d'Entraîneur de l'année, dimanche lors du Gala du Soulier d'or.
La veille, le samedi 10 (15h30), il aura d'abord un match de coupe à gagner à tout prix sur le terrain de l'US Orléans, troisième du National, la D3 française.
Ça passe ou ça casse...
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