Il affirme ne pas regarder les émissions de football belges. Mais Vitor Bruno reçoit chaque jour une revue de presse à Neerpede. « Ce que vous écrivez, je le lis », confiait-il début octobre dans Het Nieuwsblad. Après la claque 4-0 à La Gantoise, il n'ouvrira probablement pas ce dossier avec plaisir
En l'espace de deux semaines, Anderlecht a été éliminé de la Coupe par Beerschot (D2) et s'est effondré 4-0 chez le leader gantois. Les Mauve et Blanc pointent à la 5e place, à neuf points du leader... soit autant d'écart qu'avec la zone de relégation. La tempête de critiques vient de partout.
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Teklak a tiré le premierTout a commencé dès le match au Cercle de Bruges. Anderlecht y a été médiocre pendant 83 minutes, avant de l'emporter à la 93e. Dans la foulée, Bruno déclarait qu'il signerait des deux mains pour que cela se passe ainsi chaque semaine. Une sortie jugée totalement déplacée par Alex Teklak.
« Dans ses commentaires d'après-match, je l'ai trouvé condescendant. Il aurait dû expliquer ces 83 mauvaises minutes au lieu de les banaliser », s'est insurgé le consultant dans La Dernière Heure. « Bruno doit faire attention à ses mots et ne pas oublier dans quel club il se trouve. »
Hein Vanhaezebrouck, lui, a surtout vu de la panique en fin de match au Cercle. « Oui, c'était du Rudi Garcia : empiler tous les attaquants sur le terrain sans la moindre idée derrière. Et cela n'a rien donné », a-t-il lâché dans Het Nieuwsblad.
Mauvais pied
Une semaine plus tard, il en remettait une couche sur les joueurs de couloir « à nouveau alignés sur leur mauvais pied ». Le journaliste lui faisant remarquer qu'il l'avait déjà souligné, Hein a répliqué sèchement : « À Anderlecht, ils doivent avoir un abonnement à un autre journal. » Il a également ciblé Antoine Sibierski : « Celui qui nomme l'entraîneur porte toujours une responsabilité. »
Marc Degryse n'a pas non plus mâché ses mots après le Cercle. « C'était le pire Anderlecht de la saison. Un football dramatique », a-t-il tranché dans Het Laatste Nieuws. Voir Bruno lancer tous ses attaquants à la fin relevait selon lui du « casino » : « Je ne vais pas prétendre que Bruno a fait quelque chose de génial. » Deux semaines plus tard à La Gantoise, Bruno a rejoué le tout pour le tout. Résultat : 4-0.
Après l'élimination en Coupe, Bruno refusait de parler de crise : « Vous pouvez en faire un cinéma, mais je ne tomberai pas là-dedans. » Dans le podcast football de Het Laatste Nieuws, Frank Boeckx n'a pas du tout apprécié : « Dire cela, c'est ne pas comprendre ce qui ne va pas. » Et d'ajouter : « Je pense qu'il ne connaît pas encore bien Anderlecht, car ici, la crise couve très vite quand les résultats ne suivent pas. » Le chef football Niels Poissonnier a estimé que Bruno ne devait pas chercher d'excuses, mais « aligner la bonne équipe et faire des résultats ».
Anderlecht est la risée du pays
Au Kiel, le DJ a passé le titre « Het is weer Couckenbak » (chanson ironique sur Marc Coucke) après le coup de sifflet final. La Dernière Heure a écrit : « Anderlecht reste la risée du pays. » Et sur le coach : « Ses choix, ses changements, ses déclarations : rien ne fonctionne. »
Le quotidien qualifie le poste de T1 de « cadeau empoisonné » et dresse une comparaison cinglante : le RWDM venait de limoger son entraîneur nommé Bruno (Christ Bruno). Le journal avertit : Vitor a intérêt à redresser la barre rapidement s'il ne veut pas être « le prochain Bruno ».
Même après le succès 0-3 en Pologne, Johan Boskamp restait sceptique : « Maintenant, il faut voir ce que ce Bruno va faire au prochain match », disait-il dans Het Belang van Limburg. « Va-t-il encore faire tourner sept joueurs ? Avec lui, on ne sait jamais. » Bruno a déjà utilisé 30 joueurs cette saison. Qui est l'attaquant, le 6 ou le 10 ? Plus personne ne le sait.
Bruno sait-il où il va?
Après la défaite à La Gantoise, Het Laatste Nieuws s'interrogeait : « Sait-il seulement lui-même où il veut mener Sporting Anderlecht ? » Voir Enric Llansana propulsé soudainement au poste de numéro 10 a laissé le journal perplexe : « Comprenez qui pourra. »
La conclusion du quotidien flamand est sans appel : « Son cocktail de variations et de naïveté a plongé les Mauve et Blanc dans la crise. À 43 ans, Bruno devrait savoir qu'il y a un fossé entre la théorie et la pratique. »
La presse francophone n'est pas plus tendre. Dans Gazet van Antwerpen, Patrick Goots estime que Bruno prend « légitimement la foudre ». Le Soir se demande s'il veut « montrer qui est le patron dans sa guerre de pouvoir avec la presse ».
Le vestiaire derrière lui
Het Nieuwsblad pose enfin la question cruciale : « La direction comprend-elle encore les choix de Vitor Bruno ? » Dans le vestiaire, le son de cloche diffère légèrement. Le capitaine Colin Coosemans a qualifié Bruno après La Gantoise de « peut-être le meilleur entraîneur depuis Vincent Kompany », tout en précisant : « Mais je ne parle pas au nom de mes coéquipiers. »
Ce samedi, Westerlo débarque au Lotto Park avec deux petits points de retard seulement sur Anderlecht. Suivront ensuite Salzbourg et le Club Bruges...