Après avoir été pris pour cible le week-end dernier, Kevin De Bruyne a fait forte impression en Ligue des champions. Contre Bodo/Glimt, l'entraîneur Massimiliano Allegri l'a aligné dans un rôle différent. Qui sait, cela donnera peut-être des idées au sélectionneur national Mark van Bommel.
Il y a un peu plus d'une semaine, le ton était pourtant monté entre Allegri et De Bruyne. Lors du duel de Ligue des champions à Villarreal (défaite 3-1), le joueur et l'entraîneur s'en étaient pris verbalement l'un à l'autre. Allegri voulait que le meneur de jeu décroche un peu plus au milieu de terrain, tandis que De Bruyne estimait être plus performant dans un rôle plus avancé. Le lendemain, l'incident avait été étouffé.
Allegri a toutefois insisté de nouveau sur le fait qu'il voyait un grand intérêt à faire évoluer le Belge plus bas et que cela lui profiterait à lui aussi : « À ce poste, il peut prolonger sa carrière de quelques années. Mais Kevin n'aime pas trop ça lui-même », avait déclaré l'entraîneur. Le week-end dernier contre Venise, « KDB » avait été laissé au repos, mais il a dû monter au jeu en urgence alors que Naples était mené.
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Pas une réussiteEn raison de la tournure du match, il a naturellement rejoué plus haut. Ce ne fut pas une réussite : après son pénalty manqué, il a subi les foudres de la presse italienne. Ces mêmes médias se sont pourtant montrés particulièrement enthousiastes quelques jours plus tard après la prestation de De Bruyne contre Bodo/Glimt (victoire 4-3). Et cette fois, il a été aligné d'entrée de jeu dans le rôle prévu par Allegri.
Le Diable Rouge a évolué comme une sorte de meneur de jeu reculé. À ses côtés, Frank-Zambo Anguissa était présent pour abattre une grande partie du travail physique, tandis que Scott McTominay se chargeait des projections vers l'avant. L'Écossais a d'ailleurs offert son but sur un plateau par De Bruyne.
Couvert dans son dos par une défense à trois, De Bruyne a pu, depuis cette position plus basse, distiller des passes verticales dévastatrices. Il a ainsi eu un impact considérable sur le jeu offensif. Selon Tuttosport, il est parvenu à créer pas moins de sept occasions grâce à ses passes. Plus que n'importe quel autre joueur.
Plus bas, plus létal
En Italie, les réactions sont enthousiastes face à la métamorphose de De Bruyne. « Plus il joue bas, plus il est létal », titrait la Gazzetta dello Sport. Le quotidien au papier rose dressait la comparaison avec d'autres milieux offensifs qui, plus tard dans leur carrière, ont excellé dans un positionnement plus reculé.
Andrea Pirlo est cité comme le plus célèbre exemple, ce qui constitue une référence de poids dans le football italien. Plus récemment, c'est le nom de Hakan Çalhanoğlu à l'Inter Milan qui a été évoqué, lui qui est descendu d'un cran au milieu pour avoir une influence majeure sur les récents succès interistes.
Si cette transformation se poursuit, elle pourrait aussi avoir des conséquences pour l'équipe nationale. Ce rôle est physiquement moins exigeant et nécessite d'avaler beaucoup moins de kilomètres, ce qui pourrait prolonger la carrière de De Bruyne. De plus, cela offrirait à Mark van Bommel une alternative particulièrement intéressante au milieu de terrain.
Pour l'instant, le sélectionneur voit surtout De Bruyne dans un rôle plus offensif, un rôle que le joueur a d'ailleurs parfaitement rempli lors du dernier rassemblement international. Et avec Roméo Lavia, il dispose déjà d'un milieu défensif capable de jouer très verticalement. Mais conserver l'option d'un « Pirlo belge » reste une excellente carte à avoir dans sa manche.