Quatre des six entraîneurs figurant dans le top six de la Jupiler Pro League n'ont jamais été joueurs professionnels : Rik De Mil (45 ans, La Gantoise), Mario Kohnen (40 ans, Sporting Charleroi), Vítor Bruno (43 ans, RSC Anderlecht) et Michael Beale (46 ans, Zulte Waregem).
Pour Kris Van Der Haegen, responsable de la formation des entraîneurs à l'UEFA, cette évolution est une excellente nouvelle pour le championnat belge.
LIRE AUSSI: Coup de théâtre à Courtrai: Lepoint viré, un Autrichien arrive
Très conservateurAuparavant, le football professionnel belge fermait la porte à certains talents par manque de vécu sur les terrains en tant que joueur. « Le monde du football est très conservateur. Les gens se disent souvent : "S'il a été un bon joueur, il sera forcément un bon entraîneur" », explique Van Der Haegen dans les colonnes du Nieuwsblad.
« Arrigo Sacchi, le coach légendaire qui avait débuté comme vendeur de chaussures, disait autrefois : "Je ne savais pas qu'il fallait d'abord avoir été un cheval pour devenir cavalier." » Aujourd'hui, la tendance s'inverse en Jupiler Pro League, où l'on assiste à un véritable changement de mentalité.
« Le carrousel d'entraîneurs où les mêmes noms revenaient sans cesse est en train de disparaître. Les clubs consacrent beaucoup plus d'efforts à l'identification et à la formation des T1. On peut désormais se développer dans une académie avant d'entraîner chez les pros, à l'image de Rik De Mil au Club de Bruges », poursuit-il.
« Il y a sept ou huit ans, on me demandait pourquoi l'Allemagne parvenait à lancer des "entraîneurs d'ordinateur" comme Tuchel ou Nagelsmann et pas la Belgique.
Eh bien, Tuchel et Nagelsmann ont pu mûrir chez les jeunes, loin des projecteurs. Cela a fait réfléchir nos clubs. C'est une très bonne chose que la Belgique emboîte le pas : nous plaçons enfin aux commandes les personnes capables d'optimiser le potentiel des joueurs. »