Au XXIe siècle, la Jupiler Pro League s'est imposée de plus en plus comme un championnat tremplin. Aujourd'hui, le modèle économique de presque tous les clubs professionnels du pays consiste à former eux-mêmes de jeunes joueurs ou à les recruter tôt et à bas prix, pour les revendre plus tard avec une plus-value colossale.
Cela ne semble pas être une recette idéale pour le succès sportif, mais de manière frappante, le football belge est bien plus fort en Europe qu'il y a 25 ans. À tel point que les performances européennes de nos clubs ces dernières années ont même fait rêver d'un deuxième ticket direct pour la Ligue des Champions, ce qui semblait encore impensable au tournant du siècle.
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Investir dans le scouting et la formationSelon l'économiste du sport Wim Lagae, les meilleures prestations des clubs belges sont le résultat direct de cette stratégie. Celle-ci a incité à investir davantage dans le scouting et la formation, permettant aux clubs de trouver encore plus vite des remplaçants parfois meilleurs pour leurs cadres.
« On constate aussi qu'ils disposent déjà d'une doublure à chaque poste. L'Union a vendu Teuma et l'homme qui cirait le banc derrière lui, Puertas, est devenu par la suite Footballeur pro de l'année », souligne Wim Lagae dans Het Nieuwsblad. « À Bruges, De Cuyper était aussi un pion essentiel, mais sa vente a donné de l'air à Seys. »
De plus en plus attractifs
Les clubs belges semblent ainsi être entrés dans un cercle vertueux : en vendant leurs meilleurs éléments et en dénichant encore mieux pour les remplacer, ils performent davantage et réussissent à vendre leurs pépites encore plus cher à de plus grands clubs. De quoi devenir une destination de plus en plus attractive pour d'autres talents prometteurs.
Conséquence : même des jeunes ayant à peine quelques matchs au compteur s'envolent pour des sommes folles. Cet été, Genk a empoché 33 millions d'euros pour Lucca Brughmans. « En gardant Brughmans plus longtemps, Genk aurait peut-être pu décrocher le titre et intégrer la Ligue des Champions, ce qui aurait aussi rapporté gros. Mais le problème, c'est que ces résultats restent incertains », prévient Wim Lagae. « Et le gamin peut malheureusement se faire les croisés du jour au lendemain. Dans ce cas, un club choisit très vite l'argent "sûr". »