Kevin De Bruyne a suscité une vive inquiétude du côté de Naples ces derniers jours. L'international belge a dû céder sa place dans les dernières minutes du match, des images que Mark van Bommel aurait sans doute préféré éviter juste avant sa toute première sélection en tant que sélectionneur national. Les explications données après le coup de sifflet final se veulent rassurer, mais elles ne dissipent pas totalement les craintes.
Dans les ultimes instants de la rencontre, Naples défendait un court avantage face à Bologne lorsque Kevin De Bruyne s'est mal réceptionné à la suite d'un duel. Sentant immédiatement qu'il n'était pas raisonnable de continuer, il a fait signe au banc et a été remplacé à la 88ᵉ minute. Des images qui laissaient craindre le pire.
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Opéré en 2023La saison dernière, De Bruyne avait manqué plusieurs mois de compétition en raison d'une grave déchirure à l'ischio-jambier droit, suivie d'une intervention chirurgicale. En 2023, il avait déjà subi une opération au niveau du même groupe musculaire sous les couleurs de Manchester City. Par conséquent, la moindre alerte physique est scrutée avec la plus grande méfiance. Toutefois, Massimiliano Allegri s'est rapidement voulu rassurant après la victoire 1-0.
« Il avait dépensé énormément d'énergie. Ce n'étaient que des crampes », a clarifié l'entraîneur. Il ne s'agirait donc pas d'une nouvelle blessure musculaire. Allegri a néanmoins ajouté une mise en garde appuyée auprès de Het Laatste Nieuws : « Compte tenu de son âge, nous devons très bien le gérer. Il a beaucoup donné. » Une déclaration qui sera lue avec une attention toute particulière du côté de Tubize.
Ces crampes ne sont pas arrivées par hasard. De Bruyne avait entamé la saison avec un retard physique et s'était contenté de courtes entrées en jeu lors des trois premières journées de championnat. Face au Genoa, à Côme et à l'Inter, son temps de jeu n'avait jamais dépassé la demi-heure. Allegri souhaitait réintégrer son maître à jouer en douceur.
Il faut que le corps suive
L'Italien a exprimé sa confiance en interne comme en externe, mais il a refusé de lui faire disputer immédiatement 90 minutes. Il fallait que le corps suive. Tout a changé face à Arsenal : titularisé pour la première fois, De Bruyne a disputé l'intégralité de la rencontre de Ligue des champions. Quatre jours plus tard, il était de nouveau aligné d'entrée contre Bologne.
Cette fois, il est resté sur le terrain jusqu'à la 88ᵉ minute. En l'espace de seulement quatre jours, De Bruyne est ainsi passé d'entrées en jeu très graduelles à près de trois heures de football au plus haut niveau. Face à Arsenal, Naples a dû courir sans cesse après le ballon, tandis que la pression était immense contre Bologne en raison de trois défaites consécutives. Un retour au jeu qui n'a pas été de tout repos pour le Diable Rouge.
De Bruyne a d'ailleurs livré une prestation solide. Dès le début de la rencontre, il a distillé une passe tranchante pour Antonio Vergara et s'est régulièrement projeté aux abords de la surface adverse. Stanislav Lobotka a inscrit le seul but du match à la 66ᵉ minute, avant que De Bruyne ne continue à faire le travail jusqu'à ce que son corps ne finisse par lui présenter la facture.
Quatre matches en 11 jours
Pour Mark van Bommel, le timing ne pouvait guère être pire: il va devoir décider du temps de jeu qu'il accordera à son principal dépositaire du jeu.
Entre le 25 septembre et le 5 octobre, les Diables Rouges doivent disputer quatre matchs de Ligue des Nations. La campagne débutera par un déplacement en Italie, suivi de duels face à la France et à la Turquie, avant de s'achever par une nouvelle confrontation contre les Bleus. Soit quatre grands rendez-vous internationaux en onze jours.
Avant de rejoindre Tubize, De Bruyne doit encore disputer un match de championnat samedi avec Naples sur le terrain de la Fiorentina. Allegri décidera lui-même du temps de jeu qu'il lui accordera, avant que Van Bommel ne prenne le relais pour une trêve internationale bien plus exigeante qu'à l'accoutumée. Le titulariser lors des quatre rencontres semble particulièrement risqué après l'alerte des crampes.
Van Bommel veut marquer le coup
Le préserver face à l'Italie ou la France est tout aussi délicat sur le plan sportif. Van Bommel entame une nouvelle ère et souhaite marquer le coup d'entrée. Or, la précision de passe et l'expérience de De Bruyne sont presque indispensables lors de ces grands rendez-vous.
De Bruyne a déjà indiqué qu'il restait à la disposition de la sélection nationale, tout en étant conscient que son statut allait évoluer : « S'ils ont encore besoin de moi, je reste disponible pour aider l'équipe. Mais mon rôle va changer. J'ai guidé la Belgique pendant près de quinze ans. Le moment est venu d'apporter ma pierre à l'édifice différemment », a-t-il confié au Corriere dello Sport.
Des propos qui prennent un sens concret plus tôt que prévu. Apporter une contribution différente pourrait signifier que De Bruyne ne disputera plus chaque choc de la première à la dernière minute. Van Bommel devra faire tourner, mais chaque remplacement ou passage sur le banc sera immédiatement interprété comme une rétrogradation sportive.
Le contraste avec le cas de Thibaut Courtois rend le dossier encore plus délicat. Le gardien a reçu le feu vert pour faire l'impasse sur l'ensemble de la campagne de Ligue des Nations en raison de la surcharge de matchs. De Bruyne a choisi de rester disponible, mais son corps réclame peut-être la même précaution.