Kevin De Bruyne a fait basculer la rencontre face au Genoa avec un but et une passe décisive. Pourtant, en Italie, on parle surtout du mauvais coup qui a précédé son but. Une action qui suscite autant de colère que d'admiration.
Kevin De Bruyne a débuté le premier match de championnat de Naples sur le banc. Massimiliano Allegri ne voulait prendre aucun risque avec le milieu de 35 ans, rejoint plus tardivement après la Coupe du monde et qui ne s'entraînaît que depuis deux semaines. Naples en avait pourtant bien besoin : l'équipe jouait de manière poussive et n'arrivait pas à désorganiser le bloc du Genoa.
À la 67e minute, De Bruyne est entré en jeu et, quinze minutes plus tard, le ballon était au fond des filets. Après une combinaison avec Antonio Vergara, KDB s'est engouffré dans la surface, mais Johan Vásquez s'est interposé. De Bruyne a alors placé son avant-bras droit dans le dos du défenseur, Vásquez s'est effondré et le Diable Rouge a conclu de sang-froid.
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Pas d'intervention de la VARL'arbitre Marco Di Bello a porté son sifflet à la bouche avant de laisser jouer. La VAR n'est pas non plus intervenue. Cinq minutes plus tard, De Bruyne délivrait la passe décisive pour le 0-2 de Vergara. Un but et une passe décisive en à peine cinq minutes : sur le plan sportif, son entrée pouvait difficilement être meilleure.
Pourtant, après le match, les débats ont presque exclusivement tourné autour de cette poussette. Daniele De Rossi était furieux : « Personne au monde ayant joué au football ou arbitré ne peut dire que ce n'était pas une faute », a déclaré l'entraîneur du Genoa en conférence de presse, allant jusqu'à qualifier l'action sur Sky Sport Italia d'« une des pires choses » vécues dans sa carrière.
Une analyse ultérieure de La Gazzetta dello Sport lui a donné partiellement raison, estimant que De Bruyne avait clairement mis son avant-bras dans le dos de Vásquez et que l'action aurait dû être sifflée. Sur le terrain, Di Bello a jugé le contact insuffisant, et la VAR ne pouvait intervenir qu'en cas d'erreur claire et manifeste. S'agissant d'un duel à l'appréciation de l'arbitre, la décision est restée inchangée.
De Bruyne la malice
C'est précisément ce qui rend la réaction à Naples si frappante. Là où le Genoa condamne le geste, la presse napolitaine y voit une nouvelle qualité chez De Bruyne : sa malice. Pour la première fois en Italie, « King Kev » n'est plus seulement traité comme un maestro, il gagne un profil de joueur de rue.
Le Corriere dello Sport a résumé son entrée d'une phrase percutante : « È tornato cattivo, King Kev » (King Kev est redevenu impitoyable). Le mot « cattivo » signifie littéralement mauvais ou méchant, mais dans le football italien, il désigne quelqu'un de dur, déterminé et tranchant. Crédité d'un 7,5, le Belge a été salué pour sa grinta : sa faute contestée n'a pas été ignorée, mais présentée comme la preuve d'une faim retrouvée.
La Gazzetta dello Sport a parlé d'un « gol da scugnizzo ». Le scugnizzo désigne le gamin des rues napolitain : vif, malin et capable de se sortir de n'importe quelle situation par la ruse. Face à un Vásquez bien placé, De Bruyne a délaissé l'élégance pour la méthode forte : le bras dans le dos, le ballon gratté et la finition. Le Genoa y a vu une triche ; Naples y a vu un joueur qui a enfin compris comment plier un match fermé en Italie.
Allegri cautionne
Il Mattino est allé encore plus loin en écrivant que De Bruyne avait fait irruption « avec sa tête et ses bras », qualifiant son but de « vicieux et plein de cazzimma » — ce concept napolitain mêlant malice opportuniste, culot et détermination féroce à atteindre son but.
Même Allegri semble rechercher ce tranchant : « Regardez la cattiveria avec laquelle il frappe sur son but », a souligné le coach. Cette agressivité a toujours existé chez le Belge, mais à Manchester, elle était éclipsée par ses passes et ses frappes de loin. À Naples, elle devient le cœur de sa nouvelle identité. De Bruyne n'est plus seulement la star étrangère venue faire du beau jeu : il se comporte en gagneur absolu, prêt à tout pour reconquérir le public napolitain après un premier exercice mitigé.
Kevin De Bruyne mette l'avambraccio sulla schiena di Johan Vasquez e l'arbitro non fischia fallo 🤦🏻😡 @SerieA pic.twitter.com/MBZ8uBXpru
— SKINNY CA 🦅💛 (@SkinnyCA__) August 22, 2026