Le Club de Bruges souhaite frapper un grand coup en attirant un international argentin qui a déjà évolué aux côtés de Lionel Messi. Le défenseur semble soudainement accessible pour les Blauw-Zwart, mais derrière cette opportunité se cache aussi un revers de taille.
En prévision du départ potentiel de Joel Ordóñez, le Club de Bruges scrute le marché à la recherche d’un défenseur central capable non seulement de défendre, mais aussi d’apporter sa pierre à l'édifice dans le jeu offensif prôné par Ivan Leko. C'est dans ce cadre que le nom de Lautaro Rivero a fait son apparition. Le jeune Argentin de 22 ans est sous contrat avec River Plate jusqu’à la fin de l’année 2029, mais un transfert n’est plus du tout exclu.
La plateforme Extra Time Fútbol évoque des « négociations très avancées » et rapporte que Bruges préparerait une offre d’environ dix millions d’euros. Rivero serait lui-même séduit par l'idée d'un déménagement en Belgique. El Crack Deportivo a confirmé que le Club suit de près sa situation et que River Plate est prêt à prêter oreille aux propositions convaincantes.
De l'espoir de River au coéquipier de Messi
Grandissant à Moreno, en banlieue de Buenos Aires, Rivero intègre le centre de formation de River Plate. Évoluant au poste de défenseur central, il devient le capitaine de l'équipe réserve. Faute de pouvoir percer en équipe première, il est prêté mi-2024 à Central Córdoba, un prêt qui fait basculer sa carrière.
Rivero dispute trente rencontres sous le maillot de Central et remporte la Coupe d’Argentine, tout en s'illustrant en Copa Libertadores. Face à ses performances, River Plate le rappelle prématurément en juin 2025. Deux mois plus tard, il effectue ses débuts officiels et gagne rapidement sa place de titulaire. Sa progression est si fulgurante que le sélectionneur Lionel Scaloni le convoque en équipe nationale d'Argentine dès le mois d'octobre.
Le 14 octobre 2025, lors d'un match amical contre Porto Rico, Rivero entre en jeu à la mi-temps à la place de Nicolas Otamendi. Lionel Messi, lui, joue toute la rencontre. Le Club de Bruges vise donc bel et bien un défenseur qui s'est déjà produit sur le terrain aux côtés de la superstar argentine. Rivero compte pour l'instant une sélection internationale, mais n'est pas encore un cadre indiscutable des vice-champions du monde.
Le revers de la médaille pour Rivero
En avril, River Plate prolonge son contrat jusqu’en fin 2029. Rivero bénéficie d'une revalorisation salariale et conserve une clause libératoire fixée à 100 millions d'euros. Les médias argentins balancent entre dollars et euros, mais la monnaie importe peu : cette clause est avant tout un verrou pour obliger River à négocier.
Pourtant, cinq jours seulement après sa prolongation, Rivero commet une faute lourde lors du Superclásico. Une main dans la surface, signalée par la VAR, offre un penalty à Boca Juniors. Leandro Paredes le transforme et inscrit le seul but du match, concédant ainsi la première défaite de River sous la direction d'Eduardo Coudet.
Un mois plus tard, Rivero se retrouve de nouveau au cœur d'une action décisive : en finale du Torneo Apertura face à Belgrano, il provoque un autre penalty pour une main. Belgrano égalise avant d'emporter le match (2-3). En l'espace de quelques mois, Rivero est passé du statut de révélation et d'international à celui de jeune défenseur fragilisé par des erreurs commises au pire moment.
Dans le même temps, River Plate souhaite dégraisser son effectif pléthorique et a besoin de liquidités pour investir. Rivero fait partie des rares jeunes éléments bancables. Le qualifier de « joueur de trop » serait exagéré, mais s'il demeure un titulaire, il n'est plus intransférable.
Un profil taillé pour Leko, mais...
Sur le papier, Rivero réunit presque toutes les qualités recherchées par le Club : 1m85, gaucher et doté d'une très bonne pointe de vitesse. Son accélération et sa faculté à couvrir de grands espaces sautent aux yeux. Il est capable de monter très haut pour couper les trajectoires, de stopper l'adversaire loin de son but et de revenir rapidement en couverture après une perte de balle. Il se montre également à l'aise balle au pied.
Impérial dans la relance, il garde son calme sous pression et peut casser les lignes grâce à son pied gauche. Le quotidien espagnol AS le décrit comme un joueur « gaucher, rugueux et doté d'une forte personnalité », soulignant sa qualité de relance, son agressivité dans le duel et son sens de l'anticipation.
Cependant, certaines lacunes incitent à la prudence. Rivero repose quasi exclusivement sur son pied gauche, manque parfois d'autorité dans le jeu aérien et s'expose parfois en sortant de manière trop agressive de sa ligne défensive. Ses plus grandes marges de progression concernent la concentration, la communication et la gestion des temps forts. S'il lit très bien le jeu, il lui arrive de tarder à réagir lorsque le danger survient à distance.
Ivan Leko prône un pressing étouffant sur toutes les lignes, qualifiant son style de « full attack ». Dans ce système où sept ou huit joueurs se projettent vers l'avant, les défenseurs centraux doivent couvrir des espaces gigantesques. Rivero a la vitesse nécessaire pour assumer ce rôle, mais la moindre erreur y est immédiatement sanctionnée. Il ne faut donc pas le voir comme une copie conforme de Joel Ordóñez.
L'Équatorien est plus puissant, plus explosif dans le duel direct et a déjà fait ses preuves à haut niveau en Europe sous une forte pression. Rivero est davantage gaucher, plus fluide balle au pied et potentiellement plus élégant à la relance, mais s'avère moins constant. Débourser 10 millions d’euros en attendant de lui qu'il remplace instantanément un défenseur évalué à 40 millions serait irréaliste.
Bruges en concurrence avec la crème européenne
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