Anderlecht travaille sur un dossier de transfert remarqué sur le marché espagnol. Les Mauve et Blanc ont dans le collimateur une ancienne star d'Anvers, mais derrière cette piste se cache immédiatement un problème majeur. Le package salarial, notamment, pourrait faire de cette tentative un jeu dangereux.
Anderlecht regarde du côté du marché espagnol pour se renforcer. Selon le média espagnol El Gol Digital, les Mauve et Blanc s'intéressent à Chidera Ejuke, l'ailier nigérian de 28 ans du FC Séville. Il s'agirait d'une offre d'environ 3,5 millions d'euros, pouvant atteindre 4 millions d'euros grâce à des bonus.
À Séville, cette offre ne serait pas hors de propos : le club andalou doit vendre cet été et voit en Ejuke un candidat idéal pour faire rentrer de l'argent. Ce dossier fait réapparaître à Anderlecht un visage bien connu de la Jupiler Pro League. Ejuke a joué en prêt au RSCA Antwerp lors de la saison 2023-2024, y laissant de très bons souvenirs au Bosuil.
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ImprévisibleParfois brillant, parfois frustrant, mais rarement ennuyeux. En recrutant Ejuke, Anderlecht n'achèterait pas un ailier stable et prévisible, mais un joueur capable de faire basculer un match sur une accélération, un dribble ou un coup d'éclat. Seulement, ce profil s'accompagne d'une notice d'utilisation importante.
Ejuke a 28 ans, est international nigérian, est sous contrat avec Séville jusqu'en juin 2027 et possède une valeur marchande évaluée à 4 millions d'euros sur Transfermarkt. Son profil est clair : 1m76, droitier, ailier gauche de nature, mais également capable d'évoluer à droite ou comme second attaquant.
Séville l'avait recruté gratuitement au cours de l'été 2024 après son départ du CSKA Moscou, où il avait été transféré pour 11,5 millions d'euros après son explosion à Heerenveen. Anderlecht cherche des joueurs offensifs capables d'éliminer leur vis-à-vis en un contre un, et Ejuke correspond exactement à ce type de profil. Chercher le duel est presque son premier réflexe.
Longue période d'adaptation
À l'Antwerp, cela s'est rapidement vérifié. L'entraîneur de l'époque, Mark van Bommel, parlait d'un joueur capable d'apporter « autre chose » que ses autres ailiers. Sa période d'adaptation a été longue : il a fallu attendre quatre mois pour voir Ejuke fêter sa première titularisation à l'Antwerp. Mais une fois lancé, tout le monde a compris pourquoi Marc Overmars l'avait fait venir.
Patrick Goots a déclaré dans la Gazet van Antwerpen que l'adversaire ne sait jamais ce qu'Ejuke va faire. C'est un compliment, mais aussi un risque. Car Ejuke apporte du chaos. Un chaos souvent positif, mais aussi un chaos qui peut rendre les entraîneurs nerveux. Ses statistiques à l'Antwerp étaient solides sans être sensationnelles.
À Séville, il a commencé fort. AS le qualifiait même, en octobre 2024, de l'un des coups les plus réussis du directeur sportif Víctor Orta. Il devait apporter de la vitesse, de la profondeur et du « vertige » dans un Séville renouvelé. Contre Valladolid et l'Athletic Bilbao, il a été déterminant, réussissant notamment sept dribbles et remportant neuf duels à San Mamés. L'entraîneur García Pimienta lui donnait la liberté d'utiliser constamment son dribble.
Aussi bien que Yamal
Durant ces premiers mois en Espagne, Ejuke a même figuré en tête du classement des dribbleurs de La Liga. AS rapportait qu'à un moment donné, il comptait 17 dribbles réussis, se hissant au niveau de Lamine Yamal. Son premier but pour Séville, contre Valladolid, a immédiatement offert trois points. Le journal espagnol a résumé cela avec justesse : Ejuke avait ajouté de la « poudre » à ses feux d'artifice. Mais le problème, c'est que ses feux d'artifice n'ont pas toujours continué de briller.
Les blessures ont joué un rôle. Une blessure aux ischio-jambiers lors de la saison 2024-2025 l'a tenu éloigné des terrains pendant plusieurs mois. D'autres problèmes physiques ont suivi. À Séville, il est peu à peu devenu évident qu'Ejuke possède les qualités pour enflammer un stade, mais pas toujours la régularité pour porter une équipe. En 2025-2026, son rendement est resté limité : 25 matchs, un but et une passe décisive.
Tactiquement aussi, il reste un joueur très spécifique. AS soulignait début 2026 qu'Ejuke ne s'intègre pas vraiment dans un 5-3-2. En tant que piston, il manque d'impact défensif, et dans l'axe, il perd en efficacité. Il donne le meilleur de lui-même en pur joueur de couloir, avec un arrière latéral derrière lui et de l'espace devant lui.
Travailleur
Pourtant, il n'est pas qu'un simple joueur de rue. En mai, AS écrivait encore qu'il avait soudainement impressionné défensivement contre la Real Sociedad. L'entraîneur Luis García Plaza a été clair : c'est avec ce niveau de sacrifice et de travail qu'Ejuke devrait toujours jouer. Il avait alors récupéré onze ballons, un chiffre marquant pour un joueur souvent critiqué pour son manque de discipline défensive.
Sur le plan financier, le dossier s'avère complexe. Un montant de transfert compris entre 3,5 et 4 millions d'euros est conforme au marché, surtout pour un joueur expérimenté en Belgique, en Espagne, en Allemagne, en Russie, aux Pays-Bas et en Norvège. Mais son salaire est une autre histoire. Capology estime son salaire annuel brut à Séville à 1,88 million d'euros. Même après renégociation, cela reste une lourde charge salariale pour Anderlecht.
À cela s'ajoute la concurrence. Des clubs d'Arabie Saoudite suivent également sa situation. Pour Séville, c'est intéressant, car les clubs saoudiens peuvent généralement offrir de meilleures conditions financières. Pour Anderlecht, l'argument sportif est plus fort : Ejuke connaît le championnat, sait qu'il peut faire la différence en Belgique et pourrait retrouver un rôle majeur chez les Mauve et Blanc.