Romelu Lukaku s'est de nouveau mis en évidence grâce à ses trois buts en Coupe du monde. Pourtant, Naples veut toujours s'en séparer. Derrière ce choix radical se cache une raison particulièrement douloureuse.
Trois buts, une passe décisive et une implication majeure dans le but contre son camp de l'Égypte : Lukaku a eu besoin de très peu de temps de jeu pour se remettre en vitrine. Auteur de réalisations contre la Nouvelle-Zélande, le Sénégal et les États-Unis, il a prouvé que son sens de la finition n'avait rien perdu de sa superbe. « Même s'il n'était pas prêt, il a marqué trois fois », a souligné Hein Vanhaezebrouck dans Het Nieuwsblad.
En moyenne, Lukaku s'est montré décisif toutes les 57 minutes. Si sa solide Coupe du monde a balayé une grande partie des doutes, elle n'a pas pour autant modifié le plan de transfert initial de Naples. Ce projet avait été résumé de manière frappante fin mai par Federico Pastorello. « Le club investit sur Højlund et ne gardera pas à la fois Rasmus et Big Rom », avait déclaré l'agent à Sky Sport Italia. « Nous chercherons une solution après le Mondial. »
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Double emploiÀ ce moment-là, Naples avait déjà décidé d'investir 44 millions d'euros pour Rasmus Højlund, en plus des six millions déjà déboursés pour son prêt. Conserver deux avant-centres coûteux ne rentrait pas dans les plans. De son côté, le discours de Lukaku était tout autre.
« Je n'ai jamais demandé à partir et il me reste un an de contrat », a-t-il insisté. Une posture qui complexifie le dossier : l'attaquant ne souhaite pas fuir Naples, mais son agent a ouvertement reconnu que les deux parties chercheraient une issue après la Coupe du monde.
Conte froissé
L'arrivée de Massimiliano Allegri a de nouveau redistribué les cartes. Antonio Conte s'était senti personnellement froissé lors de l'épisode autour de la revalidation de Lukaku, un différend désormais caduc avec la nomination d'Allegri. Ce dernier aurait déjà voulu recruter le Belge à l'époque où il entraînait la Juventus. Il ne s'agit pas pour autant d'une garantie de maintien.
« Tant que je n'ai pas entraîné un joueur moi-même, il est difficile de porter un jugement », a tempéré Allegri lors de sa présentation. Lukaku ne réintégrera l'effectif napolitain que le 5 août. C'est à ce moment-là que le technicien évaluera sa condition physique et définira le rôle qu'il pourrait encore jouer.
Selon Il Mattino, deux scénarios permettraient à Lukaku de rester. Le premier est sportif : convaincre Allegri qu'il est trop important pour être vendu. Le second est financier : faire un geste sur son imposant salaire. Et ce dernier point s'avère particulièrement sensible.
Salaire trop élevé, surtout pour un réserviste
La Gazzetta dello Sport évoque un salaire net de 8,5 millions d'euros, soit environ douze millions d'euros brut. Pour un titulaire indiscutable, le montant reste élevé ; pour la doublure de Højlund, il devient particulièrement difficile à justifier.
Sur le plan sportif également, la hiérarchie est claire. Le Corriere dello Sport désigne Højlund comme le numéro neuf idéal pour Allegri. Le Danois attaque la préparation dès le premier jour, tandis que Lukaku, en vacances après le Mondial, ne reviendra que plusieurs semaines plus tard. Højlund prend ainsi une longueur d'avance pour s'installer dans le nouveau système.
Naples réclamerait environ dix millions d'euros pour libérer Lukaku. À première vue, il s'agit d'un prix bradé pour un attaquant auteur de trois buts en Coupe du monde et qui a grandement contribué au titre de champion un an plus tôt avec ses quatorze réalisations en championnat. La comptabilité explique pourquoi Naples s'en contenterait.
Valeur comptable résiduelle
Acheté pour environ trente millions d'euros en 2024 avec un contrat de trois saisons, Lukaku voit son indemnité de transfert amortie à hauteur d'une dizaine de millions d'euros par an. Après deux saisons, sa valeur comptable résiduelle est d'environ dix millions d'euros. Une vente à ce montant n'engendrerait donc aucune moins-value majeure dans les comptes.
Pour un club acquéreur, l'opération globale demeure néanmoins très lourde. Il Mattino rapporte que Lukaku exigerait un salaire supérieur à six millions d'euros par saison pour quitter Naples, sans compter les commissions d'agent, les primes et les charges fiscales.
BeÅŸiktaÅŸ semblait initialement le candidat le plus concret. Des médias turcs affirmaient que le club avait demandé le dossier médical du joueur et préparait une offre de cinq millions d'euros, soit la moitié du prix fixé par Naples. Une version fermement démentie par Pastorello : « Il n'y a aucune négociation avec BeÅŸiktaÅŸ. Cette histoire est fausse », a-t-il affirmé à 365Scores.
Fenerbahçe toujours intéressé
L'agent a ajouté que Lukaku n'avait aucune intention de signer chez les Aigles Noirs. La piste Fenerbahçe reste en revanche ouverte. Tuttomercato indique que le club stambouliote montre plus d'intérêt que son voisin et que le Diable Rouge a prudemment ouvert la porte à un départ vers la Turquie, à condition de bénéficier de conditions financières particulièrement avantageuses. Fenerbahçe vient toutefois de s'offrir Mason Greenwood en provenance de l'Olympique de Marseille pour 39 millions d'euros.
Les noms d'Ajax et de l'AS Monaco ont également été cités. D'après Il Mattino, les deux clubs se sont renseignés et Pastorello étudie plusieurs options. Pour l'Ajax, le salaire constitue un obstacle majeur : Lukaku deviendrait de loin le joueur le mieux payé de l'effectif. Même si Naples revoyait ses prétentions à la baisse, un contrat pluriannuel aux conditions souhaitées semble difficile à concrétiser.
Monaco dispose de ressources financières plus importantes et offrirait l'avantage de le maintenir dans un grand championnat européen. Aucune offre concrète ni discussion avancée avec son entourage n'a cependant été signalée. Pour l'instant, l'intérêt reste informel.
La piste MLS est réelle
Cette situation donne une crédibilité soudaine à une trajectoire vers les États-Unis. Selon Il Mattino, la piste MLS a déjà été explorée : le New York City FC aurait placé Lukaku sur ses tablettes après sa belle Coupe du monde.
Un transfert en MLS serait financièrement plus accessible via un statut de joueur désigné (Designated Player). Lukaku y deviendrait le visage de la franchise, voire du championnat tout entier. Pour Naples, un club américain représente peut-être la meilleure opportunité de récupérer l'indemnité de transfert tout en se délestant d'une grande partie de sa masse salariale.