Les Diables Rouges ont partagé l'enjeu (1-1) face à l'Égypte. Un résultat logique. Après la rencontre, les débats ont surtout tourné autour de Hans Vanaken et Youri Tielemans, mais le vrai sujet n'est pas là. Il concerne une autre star de l'équipe nationale.
Marc Degryse est prêt à jeter un pavé dans la mare : il écarterait Youri Tielemans pour installer Hans Vanaken, tout en confiant le brassard de capitaine à un autre joueur. Intégrer le maître à jouer du Club de Bruges, on peut tout à fait le comprendre. L'écart entre les différents milieux de terrain est désormais minime, bien loin de ce qu'il était autrefois.
Cependant, la proposition de Degryse reviendrait à lâcher une bombe dans le vestiaire. Écarter son capitaine après un seul match ? C'est le genre de décision que très peu de sélectionneurs osent prendre. De plus, Tielemans a été le moins décevant des trois milieux titulaires. Amadou Onana est complètement passé à côté de son match, et Kevin De Bruyne a lui aussi déçu.
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On attend plus de De BruyneDe Bruyne a été trop transparent. On attend forcément plus d'un joueur de son standing. Mais doit-on encore considérer De Bruyne, aujourd'hui âgé de 35 ans, comme un joueur de classe mondiale ? C'est presque un blasphème, mais il faut oser dire les choses. Il y a sept ans, KDB était peut-être le meilleur milieu offensif de la planète, au sommet de son art physique et technique. Mais ce De Bruyne-là a disparu depuis quelques saisons. L'an dernier, les médias belges pointaient du doigt Pep Guardiola ; cette année, c'est au tour d'Antonio Conte. Pourtant, les entraîneurs ne sont pas fous : ils ne se privent jamais de leur meilleur élément. KDB n'est simplement plus le même. Il a encore des fulgurances, mais porter une équipe à bout de bras est devenu une rareté.
Ce constat s'appliquait déjà au Napoli et s'était vérifié lors de sa dernière année à Manchester City. Contre l'Égypte, Jérémy Doku, Youri Tielemans et Leandro Trossard ont tous touché plus de ballons que lui. Seul Charles De Ketelaere a fait pire. C'est inquiétant pour un joueur censé être le métronome, celui vers qui tous les ballons doivent converger. Ce n'est plus le cas.
Il existe certes des circonstances atténuantes. Sans Zeno Debast, la Belgique manque d'un joueur capable de casser les lignes depuis l'arrière. De Bruyne reçoit souvent le ballon sous pression, ce qui ne correspond pas à ses forces. À cela s'ajoute l'absence d'un véritable numéro 9 de fixation. Avec Lukaku, les automatismes sont là. Verra-t-on un meilleur De Bruyne au retour de Big Rom ? C'est fort probable.
Equilibre défensif
Tielemans n'a pas été exceptionnel, mais sa superbe ouverture vers Thomas Meunier amène le but du 1-1. N'oublions pas non plus son importance dans l'équilibre défensif. Il a remporté la majorité de ses duels, là où De Bruyne n'en a gagné qu'un seul sur six au sol. Aligner Hans Vanaken à ses côtés créerait un immense déficit à la récupération. Au Club de Bruges, Vanaken est entouré de profils comme Raphael Onyedika, Hugo Vetlesen ou Aleksander Stankovic.
Laisser Tielemans seul devant la défense serait suicidaire. Un milieu Vanaken - Tielemans - De Bruyne est irréalisable. La Belgique ne possède plus l'arrière-garde impériale de l'époque de Vincent Kompany pour colmater les brèches. Il faut un écran protecteur. Nicolas Raskin doit donc réintégrer le onze. Il n'a jamais déçu et son entrée a apporté de la stabilité. Raskin doit débuter, un point c'est tout. Le choix appartient à Garcia.
Tielemans a donc été correct, sans plus. N'en faisons pas un joueur de classe mondiale — si certains l'imaginaient autrefois au Real Madrid, la réalité est différente. Tielemans est un très bon joueur de l'échelon inférieur, tout comme De Bruyne en cette année 2026. Vanaken évolue dans des standards proches. Il faut désormais trancher entre De Bruyne et Vanaken. S'il n'est pas encore question d'asseoir KDB sur le banc d'entrée, Garcia devra oser le remplacer plus tôt s'il réédite sa performance d'hier. Mo Salah a bien été sorti à la 75e minute, et De Bruyne à la 86e.
Médians travailleurs
Rudi Garcia aura également constaté que l'Iran et la Nouvelle-Zélande ne sont pas les faire-valoir décrits par les médias belges, mais des équipes redoutables en transition rapide. Eux aussi s'appuient sur des milieux travailleurs. L'Espagne aligne Rodri contre le Cap-Vert, l'Allemagne mise sur Aleksander Pavlovic face à Curaçao...
La Belgique n'est plus une grande nation du football, et le public doit urgemment l'assimiler. Jouer avec trois milieux offensifs, trois attaquants et des pistons très hauts est un plan bien trop ambitieux pour cette équipe. C'est possible contre Saint-Marin, pas à ce niveau. C'est à Garcia de trancher. Une première décision semble actée : Maxim De Cuyper devrait retrouver sa place de titulaire. Timothy Castagne avait débuté pour museler le gaucher Mo Salah, une mission plutôt réussie, mais un tel profil de gaucher sera moins indispensable face à l'Iran.