Herman Van Holsbeeck, 71 ans, doit comparaîtra en cette fin de semaine dans le procès relatif à la vente du RSC Anderlecht à Marc Coucke.
L’ancien secrétaire-général (voir Footnews: https://tinyurl.com/5ete4w7d) a notamment reconnu avoir antidaté un contrat concernant le transfert de Leander Dendoncker afin de permettre à l’agent Christophe Henrotay de percevoir une commission estimée à au moins deux millions d’euros.
Deux journalistes d'investigation du Laatste Nieuws, Bjorn Maeckelbergh et Niels Vleminckx, ont entre-temps révélé ce que les enquêteurs de la police ont découvert lors de diverses perquisitions, dans le cadre de la méga-affaire du "Footgate" où HVH est également impliqué (https://tinyurl.com/2m4uab6w).
Accrochez-vous car il y a de quoi tomber de sa chaise, et crisper les avocats de la défense chargés de démontrer l'innocence de leur client.
Morceaux choisis :
Un coffre-fort loué par Van Holsbeeck à la BNP Paribas Fortis de Rhode-Saint-Genèse, ouvert le 21 décembre 2018, contient 201.250 euros en liquide, répartis dans 21 enveloppes où l'on dénombre près de 3.000 billets de 50 euros.
Des primes offertes par Constant puis Roger Vanden Stock, les deux anciens présidents du Sporting d’Anderlecht, selon l'ancien dirigeant. Une explication d'ailleurs au moins partiellement plausible...
Malheureusement pour Van Holsbeeck il ne parviendra pas malgré tous ses efforts et ceux de ses avocats, à obtenir une confrontation avec VdS qui a fait usage de son "droit au silence" pour l'éviter.
Pas un drame, en revanche, aux yeux des enquêteurs, convaincus qu’une partie importante de l’argent retrouvé dans le coffre-fort provient de commissions occultes liées à des transferts de footballeurs par le biais de montages opaques.
"On a les preuves que c'est faux", selon l'avocat Alexandre Wilmotte.
On rappellera que Roger Vanden Stock a été totalement mis hors de cause dans le dossier concernant la vente du RSC Anderlecht à Coucke
Il a toutefois fallu écouler tous ces billets violets de 500 euros lorsque la la Banque centrale européenne a annoncé leur retrait progressif de la circulation afin de compliquer les transactions financières entre criminels.
Comment ?
Principalement via... les caisses automatiques du Delhaize d’Alsemberg, en achetant "un petit quelque chose" trois à quatre fois par semaine et en payant systématiquement avec des billets de 500 euros, "jusqu’à ce que tous soient échangés", a-t-il reconnu.
Mais aussi, en utilisant le même stratagème dans un car wash à Anderlecht où il faisait laver sa voiture et celle de son épouse chaque semaine pour une dizaine d’euros, tout en réglant la facture avec un billet de 500 euros.
Selon madame Van Holsbeeck, l’échange progressif des billets avait fini par prendre tellement de place qu’un deuxième coffre-fort, plus grand, a dû être loué.
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Veljkovic, le témoin à charge repenti, balance...L'agent serbe Dejan Veljkovic, présenté comme le principal protagoniste de cette affaire de fraudes dans le football belge, mais qui a conclu un accord avec le parquet fédéral en échange de "la vérité, toute la vérité", n'a pas manqué de charger Van Holsbeeck.
Les deux hommes auraient en effet régulièrement "collaboré".
Notamment lors du transfert de Milan Jovanovic vers Anderlecht.
Bien que le joueur soit encore sous contrat avec Liverpool, l’agent était parvenu à le faire venir gratuitement au Sporting.
Ce qui lui avait valu de toucher une commission de près d’un million d’euros.
Selon ses aveux plusieurs transferts réalisés avec Van Holsbeeck auraient donné lieu à des commissions illégales.
Pour le dossier Jovanovic, il affirme avoir remis deux enveloppes contenant chacune 25.000 euros à l’ancien dirigeant anderlechtois – qui nie formellement avoir reçu de l'argent liquide - et 35.000 euros pour le transfert de Dalibor Veselinovic.
Van Holsbeeck reconnaît en revanche avoir accepté certains cadeaux d’affaires.
Les enquêteurs on en effet découvrent qu’il a notamment reçu dix-neuf chemises provenant de Zegna, à Anvers, toutes brodées à ses initiales.
Montant de la facture : 16.000 euros, payés par Veljkovic "pour le transfert d’Obradovic", selon le Serbe.
Et une, et deux et trois Rolex !
Veljkovic aurait aussi offert une Rolex d’une valeur d’environ 30.000 euros à Van Holsbeeck, et une autre à sa femme, outre une commission de 20.000 euros, lors du transfert de Sofiane Hanni de Malines à Anderlecht.
"Un cadeau d’adieu pour me remercier de nos années de collaboration", a expliqué Van Holsbeeck aux enquêteurs, auxquels il avait pourtant d'abord affirmé que sa Rolex avait été volée au Nigeria.
Les policiers découvriront finalement la montre dans une résidence secondaire en Espagne.
Une autre Rolex, apparemment perdue (ou volée) en Afrique , a été offerte à HVH par l'inévitable Mogi Bayat.
"Je ne suis pas parfait !"
Il a fallu trois ans de patience eux enquêteurs pour recueillir des aveux dans ce volet du dossier où les preuves étaient pourtant accablantes (un certificat d’achat Rolex provenant de la Bijouterie Michel de Charleroi, une enseigne fréquemment utilisée par la famille Bayat pour l’achat de montres de luxe, et un message de remerciement sur WhatsApp envoyé le 22 novembre 2017).
Van Holsbeeck a toutefois insisté auprès des enquêteurs sur le fait qu’Anderlecht n’a jamais subi le moindre préjudice en raison de ces cadeaux.
"Je ne suis pas parfait", a-t-il reconnu.
Le parquet fédéral a déjà clairement indiqué qu’il souhaitait traduire Van Holsbeeck en justice dans le cadre de cette affaire monumentale de fraude dans le football belge.
"Si nécessaire, mon client se défendra devant les instances judiciaires compétentes", réplique son avocat Alexandre Wilmotte.
Entre-temps, contrairement à HVH, de nombreux autres footballeurs, entraîneurs et dirigeants ont déjà versé une indemnité à titre de règlement à l’amiable et échappent ainsi à toute poursuite ultérieure.
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