À la demande de la presse, Bart Verhaeghe avait un jour laissé échapper qu'il souhaitait faire du Club Bruges le « Bayern Munich de Belgique », une expression qui a depuis pris son envol. Malgré la montée en puissance de l'Union, son principal concurrent, ce scénario pourrait bien se concrétiser de plus en plus.
Depuis qu'il a terminé sur la plus haute marche du podium pour la première fois en 11 ans en 2016, le Club Bruges n'a cessé d'enchaîner les exploits. Au cours de la dernière décennie, il a remporté pas moins de six titres, accompagnés de résultats de plus en plus brillants en Europe. Il a toutefois dû s’incliner face à l’Union la saison dernière, tandis qu’il y a trois ans, l'Antwerp s’était montré trop fort. Il ne semble donc pas y avoir de domination écrasante.
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Le Club bat un recordSur le plan financier, le Club surpasse toutefois largement ses concurrents. Ainsi, la masse salariale s'élevait la saison dernière à quelque 77 millions d'euros, soit plus de 20 millions de plus que ses premiers poursuivants, Genk et Anderlecht. Et pourtant, cela ne représente que 43 % des revenus opérationnels nets. Ceux-ci s’élevaient en effet à la somme vertigineuse de 176 millions, contre respectivement 103 et 111 millions à la Cegeka Arena et au Lotto Park.
L'Union n'est même pas dans les parages. La politique menée porte donc ses fruits au Jan Breydel, constate également l'économiste du sport Wim Lagae dans Het Nieuwsblad. «Le Club Bruges se distingue largement à tous les niveaux. Il investit pour atteindre les cimes de la Ligue des champions. Grâce à une campagne européenne couronnée de succès, il enregistre un record absolu en termes de chiffre d'affaires total », peut-on lire. De l’argent qui n’est pas uniquement injecté dans l’équipe première.
Le Bayern de Belgique
« Les efforts pour le Basecamp, le Club YLA, le Club NXT… Sur tous les fronts, il se démarque », poursuit Lagae, selon qui le feu vert dans le dossier du stade pourrait en outre apporter un coup de pouce supplémentaire. D’autant plus que le Club a entre-temps constitué une réserve de 100 millions de fonds propres. Cela lui permettrait non seulement de contracter un emprunt à un taux avantageux, mais aussi de limiter l’impact financier des coûts de construction sur le plan sportif.
Une fois le stade opérationnel, encore plus d’argent pourra être consacré aux joueurs. Surtout sans l’imprévisibilité des barrages, ce qui, selon Lagae, laisserait entrevoir une avance colossale. « Le Bayern de Belgique se rapproche ainsi un peu plus. Non pas que le Club de Bruges va soudainement être champion chaque année – le Bayern n'y parvient pas non plus –, mais cela va tout de même redevenir très difficile pour les autres d'y arriver », déclare-t-il.