Vitor Bruno devrait pour l'instant conserver son poste à Anderlecht. Pourtant, la direction du club n'est plus sur la même longueur d'onde concernant son avenir. Le propriétaire, le président et l'entraîneur tirent chacun la couverture de leur côté.
Dimanche à Gand, Marc Coucke s'est affaissé dans son siège, a écrit Het Nieuwsblad. Anderlecht s'est lourdement incliné 4-0, la plus lourde défaite de son histoire face aux Buffalos. Une semaine plus tôt, le club avait déjà été éjecté de la Coupe par le Beerschot (division 2). En championnat, les Mauve et Blanc comptent désormais neuf points de retard sur le leader gantois et cinq sur Charleroi, quatrième. Westerlo suit à deux points.
Lundi, le club a fait savoir que Bruno ne serait pas limogé. Selon La Dernière Heure, la direction estime qu'un changement d'entraîneur n'aiderait pas l'équipe à avancer et croit « globalement » en ses méthodes. Le journal a toutefois ajouté une nuance : des divergences existent, mais elles ne sont pas encore assez graves pour donner son C4 (son renvoi) à Bruno. Cependant, si les résultats continuent de se détériorer, la situation sera réévaluée.
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Bruno vise la 4e placeAprès la défaite à Gand, Bruno a déclaré : « Je ne regarde pas la première place. Nous devons maintenant nous concentrer sur l'équipe qui est quatrième : Charleroi. » Selon Het Nieuwsblad, cette sortie a fait froncer les sourcils de nombreux observateurs d'Anderlecht « et potentiellement même de membres de la direction ».
En septembre, le président Michael Verschueren tenait un tout autre discours dans le même journal. « Deux ans me semble un horizon sain, mais j'aimerais déjà jouer le titre dès maintenant. Anderlecht vise toujours le plus haut possible, c'est-à-dire la première place. »
En février, Coucke avait résumé les choses de manière plus abrupte dans De tafel de Gert : « La barre ne doit pas être placée trop bas. C'est quand même Anderlecht, hein. » Son entraîneur vise aujourd'hui la quatrième place.
Sibierski avait enterré Stroeykens
Les compositions d'équipe font également grincer des dents. Début septembre, Antoine Sibierski avait déjà enterré Mario Stroeykens. « Je lui conseille un autre projet, car il a encore un long chemin à parcourir avant de répondre à nos standards », avait affirmé le directeur sportif. Aujourd'hui, Stroeykens est le numéro six de Bruno.
Bertaccini était autorisé à partir cet été et s'impose désormais comme l'homme des buts tardifs. À Gand, Enric Llansana a été aligné comme numéro dix. La Dernière Heure a commenté : « Un porteur d'eau. À n'y rien comprendre. »
Romeo Amane, la recrue la plus chère de l'été, cire le banc. Bentayeb a marqué lors de trois matches de championnat consécutifs et n'était pourtant, selon les observations à Gand, que le quatrième choix en pointe. « Ces choix changeants suscitent l'irritation dans la salle du conseil d'administration », écrivait Het Nieuwsblad le 20 octobre.
Sibierski tient parole
Pourtant, après la période des transferts, Sibierski avait affirmé : « Je ne dirigerai jamais un entraîneur en lui ordonnant d'aligner ou non un joueur. » Il tient parole. Sauf que ce sont précisément les joueurs qu'il voulait voir partir qui jouent actuellement.
Bruno était le premier choix de Sibierski. Le Portugais l'avait convaincu en deux entretiens de cinq heures, a rapporté La Capitale. Hein Vanhaezebrouck a fait le lien dans Het Nieuwsblad : « Celui qui nomme l'entraîneur porte toujours la responsabilité. Sibierski reçoit-il donc des critiques venues d'en haut, et indirectement Bruno aussi ? »
Sibierski n'est pas connu pour tergiverser longtemps. À Troyes, il avait mis à la porte l'entraîneur David Guion une semaine avant le début du championnat. « Il m'a fallu environ quatre semaines pour savoir si David était le T1 idéal. Malheureusement, cela n'a pas été le cas », a-t-il déclaré dans De Standaard. À Châteauroux, l'entraîneur Olivier Sarragaglia a été limogé à trois journées de la fin et Sibierski a pris lui-même les commandes. « Ce n'est pas l'homme du compromis », soulignait La Dernière Heure.
C'est toujours Coucke qui décide de tout
Coucke affirme qu'il ne s'immisce pas dans le sportif. Christophe Franken n'en croit pas un mot dans La Dernière Heure : « Personne au Sporting n'est dupe : c'est toujours lui qui décide de tout. » En février, Coucke était revenu sur le départ de Vincent Kompany : « Sous Kompany, nous étions en train de construire quelque chose, mais il y a eu trop peu de patience », d'après La Dernière Heure.
Après Gand, ce nom a de nouveau surgi. « Depuis le départ de Vincent Kompany, Vitor Bruno est peut-être le meilleur entraîneur que nous ayons eu », a affirmé le capitaine Colin Coosemans à La Dernière Heure. « J'espère qu'on ne va pas parler de l'entraîneur. »
Les supporters, eux, se montrent beaucoup moins patients. Sur les réseaux sociaux, le message après Gand était unanime : « Bruno, fais tes valises. » Het Nieuwsblad écrivait déjà après l'élimination en Coupe que les supporters « allaient commencer à regarder vers Marc Coucke » en cas de nouvelle défaite.