L'année a été mouvementée pour le football belge, qui a failli sombrer dans un véritable carnage financier lorsque DAZN a résilié le contrat de diffusion il y a près d'un an. Entre-temps, les différends ont été aplanis entre la Pro League, le détenteur des droits et les opérateurs télécoms traditionnels, mais il se pourrait bien que ce scénario catastrophe n'ait été que reporté.
En effet, le feuilleton de la saison dernière a laissé des traces profondes dont les répercussions se font encore sentir. L’incertitude qui a régné pendant des mois quant à la possibilité de suivre le football belge et sur quelle chaîne, ainsi que le fait que les supporters aient soudainement dû payer un supplément pour un abonnement distinct à DAZN, ont entraîné la perte d’une partie considérable du public.
Selon Sudpresse, les audiences de la Jupiler Pro League ont baissé d’environ un quart par rapport à il y a deux ans. Sur la télévision traditionnelle, la baisse atteint même 50 %. Compte tenu du fait que davantage de personnes regarderont désormais les matchs via l’application DAZN, la perte reste toutefois considérable.
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La Jupiler Pro League perd un quart de ses téléspectateursPierre Maes, consultant spécialisé dans les droits télévisuels dans le monde du football, estime qu’une partie du public, en raison de l’incertitude, va chercher ses divertissements ailleurs. « Aujourd’hui, la Jupiler Pro League n’est qu’un produit de divertissement parmi une multitude d’autres options. Chaque part de marché qu’elle perd aujourd’hui sera d’autant plus difficile à regagner avec le temps. »
On craint qu’une partie du public ne se soit définitivement détournée, notamment en raison de l’essor de l’IPTV. Cette pratique est illégale et la législation visant à sanctionner ce service ne cesse de se durcir, mais de plus en plus de supporters y ont néanmoins recours. Cela s’explique surtout par le fait qu’il faut aujourd’hui souscrire à de nombreux abonnements coûteux pour pouvoir suivre le football national et international.
Le contrat de télévision bientôt divisé par deux ?
Le fait que de moins en moins de supporters soient prêts à mettre la main à la poche pour le football belge aura également des conséquences à l’avenir. En 2030, le contrat de télévision devra être renégocié et Maes craint alors un véritable carnage. Alors que les clubs belges encaissent encore aujourd’hui plus de 70 millions d’euros par an, le contrat pourrait passer sous la barre des 40 millions d’ici quelques années. Les clubs verraient ainsi près de la moitié de leur principale source de revenus s’évaporer.
Selon Maes, la querelle avec DAZN a en effet considérablement affaibli leur position de négociation face aux opérateurs télécoms.
« Désormais, ces entreprises savent exactement ce qu’il leur en coûte de ne pas diffuser le championnat », fait-il remarquer. « Cela leur donnera un atout incroyable lors des négociations. On ne pourra plus les obliger à payer ne serait-ce qu’un euro de plus que ce que le football vaut à leurs yeux. »