À Charleroi, le changement ne repose pas uniquement sur les résultats. Mario Kohnen a installé une méthode fondée sur la franchise, la rigueur et l’adaptation, avec 35 points récoltés sur 48 depuis sa prise de fonction. Une approche forgée par plusieurs années passées dans l’ombre, comme adjoint.
Kohnen ne cherche pas à lisser son discours pour préserver les apparences. Avec ses joueurs, le technicien privilégie une communication directe, quitte parfois à provoquer quelques réactions. « Les gars savent que je suis ouvert, transparent et direct. Ils ont parfois du mal à avaler la pilule quand je suis plus franc, mais au fond, chacun sait à quoi s'en tenir. Si un entraîneur n'est pas honnête, il perd son équipe ».
Cette personnalité s’accompagne d’une certaine distance vis-à-vis de la reconnaissance personnelle. Les résultats actuels ne modifient pas sa manière de voir le métier. « Je connais les rouages de ce sport. Quel que soit le résultat, l'entraîneur est toujours sous les feux des projecteurs. Personnellement, je ne suis ni vaniteux ni arrogant, et je n'ai pas besoin de la gloire. Si j'étais ce genre d'entraîneur, je serais la cible de critiques acerbes, surtout dans les moments difficiles, car personne ne s'intéresserait à vous ».
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Un apprentissage construit sur plusieurs expériencesSon parcours d’adjoint a largement contribué à façonner ses idées. Arrivé au Sporting comme bras droit de Rik De Mil, Kohnen a observé différentes méthodes avant de construire la sienne. « Je considère comme un atout considérable d'avoir été entraîneur adjoint pendant tant d'années. J'ai pu glaner en coulisses les ingrédients essentiels à ma stratégie d'entraînement ».
Le technicien résume cet apprentissage avec une image révélatrice : « Travailler avec différents entraîneurs, c'était comme faire ses courses au supermarché. J'ai tiré de chacun d'eux quelque chose dont j'avais besoin pour mon plan de jeu. Mais une chose est sûre : il n'existe pas de plan A parfait. Chaque saison exige de nouvelles approches ».
Cette capacité à évoluer explique aussi son regard différent sur le temps. « J'ai évolué en tant qu'entraîneur au fil des ans. Avant, j'étais extrêmement impatient ; tout devait être parfait. Maintenant, je sais que certaines choses prennent du temps ».
Le renouveau carolo s’inscrit donc dans une construction progressive. Kohnen veut imposer une identité sans s’enfermer dans un modèle figé, avec une exigence qui reste au centre de son fonctionnement.
Salomon AGADA