Dans un sport où les objectifs à court termes dirigent toujours plus les décisions des coachs et des dirigeants, prendre le temps relève de la gageure.
Sa patience et sa confiance, Didier Digard a décidé de les accorder à un joueur qui a impressionné en Belgique. Enchainant les buts avec Genk, l'international tanzanien Ally Samatta avait convaincu Aston Villa de le recruter.
Une ascension fulgurante
En difficulté en Angleterre, il avait été prêté puis vendu à Fenerbahçe, qui l'avait lui-même prêté à l'Antwerp puis Genk avant que le joueur ne rejoigne le PAOK Salonique. Et après trois années en Grèce, il a signé librement l'été dernier au Havre.
Un club où il aura dû attendre 22 rencontres pour trouver le chemin des filets. Une éternité et un soulagement pour le joueur comme pour son coach, qui a tout fait pour que le club signe Samatta l'été dernier.
"Je savais que ça viendrait"
"C'est aussi une tranquillité pour moi de le voir marquer car je sais comment ça se passe quand tu continues d'aligner un joueur qui ne marque pas, ça peut susciter des interrogations", explique ainsi Digard à L'Equipe.
"Ç'a été long, c'est vrai, mais je savais que ça viendrait parce que je crois en lui. Et puis le foot, ce ne sont pas que des statistiques, c'est de l'alchimie entre des joueurs, une complémentarité", explique encore le coach havrais.
Equipier de Sofiane Boufal, qui a quitté l'Union Saint-Gilloise en janvier, Samatta espère désormais poursuivre comme il l'a fait à Nice, en inscrivant un but qui a rapporté un point précieux alors que son équipe occupe la quatorzième place du classement.