En difficulté sportive après deux revers inquiétants, le Club Bruges traverse une zone de turbulences. À l’heure d’un déplacement européen capital, les choix du département sportif sont remis en cause, avec Dévy Rigaux au centre des critiques.
Le voyage vers le Kazakhstan intervient dans un climat particulièrement tendu pour les Blauw en Zwart, appelés à affronter le Kairat Almaty mardi en Ligue des Champions. Les récentes défaites contre Charleroi et La Louvière ont fragilisé le projet sportif et accentué la pression autour du groupe. Dans ces conditions, un bon résultat européen apparaît indispensable pour calmer les esprits et enrayer la spirale négative.
Juste avant cette deuxième moitié de saison, la formation brugeoise affichait pourtant une dynamique irréprochable, avec trois victoires consécutives en championnat. Une série qui avait conduit certains observateurs à saluer la transition entre Nicky Hayen et Ivan Leko. Une lecture jugée aujourd’hui trop optimiste. La trêve hivernale et le stage de préparation ont permis à Leko d’imposer plus fermement sa vision, sans que les résultats ne suivent. Les revers face à Charleroi et La Louvière ont mis en évidence des déséquilibres inquiétants.
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TroisièmeLe constat dépasse largement ces deux rencontres. Après 21 journées, le Club Bruges pointe seulement à la troisième place du championnat, a été éliminé de la Croky Cup et devra compter sur un scénario favorable pour espérer atteindre le prochain tour de la Ligue des Champions. Un bilan jugé insuffisant au regard des ambitions élevées fixées par la direction ces dernières saisons.
Pour Marc Degryse, les causes du malaise sont claires. L’analyste estime que l’effectif actuel est trop jeune, trop inexpérimenté et incapable d’offrir la régularité attendue à ce niveau. Il regrette également un manque de caractère au sein du noyau. « La direction sportive a constitué un noyau à la fois trop jeune et trop fragile, et qui, par conséquent, n'a pas la qualité requise pour répondre aux exigences de la direction elle-même », a-t-il déclaré à Het Laatste Nieuws.
Le département sportif, dirigé par Dévy Rigaux, se retrouve donc directement visé. « Cette équipe n'a pas été renforcée, malgré ses grandes ambitions. C'est la responsabilité du département sportif dirigé par Dévy Rigaux », affirme Degryse. « L'équipe manque d'équilibre. Je me demande si le département sportif et Rigaux sont prêts à se remettre en question. »
Le directeur du football dispose toutefois encore d’une marge de manœuvre. Le mercato hivernal se referme dans deux semaines et représente une occasion cruciale de rectifier le tir. « Le club a deux semaines pour redresser la situation. Sans renforts capables d'avoir un impact, le titre de champion n'est pas garanti, à mon avis », conclut Degryse. « Le mercato hivernal n'est jamais une partie de plaisir pour un directeur sportif, mais Rigaux doit corriger les erreurs de son équipe. »
Salomon AGADA